Pauvreté : des inégalités de niveau de vie en légère augmentation depuis 2008

Entre 2008 et 2018, le niveau de vie médian en France a augmenté. Or, selon une étude récente de l'INSEE, dans le même temps, les inégalités de revenus entre les ménages les plus aisés et les ménages les plus modestes ont légèrement augmenté.

Jeune couple dans leur cuisine faisant leurs comptes.
Être pauvre, au sens de l’étude, signifie vivre avec moins de 1 063 euros par mois pour une personne seule. Et en 2018, les plus exposés étaient notamment les chômeurs avec un taux de pauvreté de 38%. © Wayhome Studio - stock.adobe.com

En 2018, la moitié de la population en France métropolitaine dispose d'un niveau de vie inférieur à 1 771 euros par mois. Cela représente une augmentation de 17 euros en moyenne par rapport à  2008 mais cette hausse ne concerne pas tous les foyers de la même manière.

C'est ce qui ressort en particulier de l'étude sur les revenus et le patrimoine des ménages publiée le 27 mai 2021 où l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) présente l’évolution des niveaux de vie et de la pauvreté en France entre 2008 et 2018.

L’évolution des inégalités de niveau de vie entre 2008 et 2018 

Le niveau de vie mensuel des 10% les plus aisés a augmenté de 23 euros en 10 ans (3 261 euros en 2018) alors que le niveau de vie mensuel des plus modestes a diminué de 29 euros (934 euros en 2018). Ces différences sont le signe d’une augmentation des inégalités de revenus depuis 2008.

Selon l’analyse de l’INSEE, certaines populations sont plus exposées à la pauvreté que d’autres. Être pauvre, au sens de l’étude, signifie vivre avec moins de 1 063 euros par mois pour une personne seule. En 2018, les populations les plus exposées étaient :

  • les chômeurs avec un taux de pauvreté de 38% ;
  • les familles monoparentales (35%) ;
  • les inactifs hors retraités (dont les étudiants) avec 33% de taux de pauvreté ;
  • les 18-24 ans (23%) ;
  • les enfants de moins de 18 ans (21%).

Cela correspond à un taux de pauvreté de 13,6% sur l’ensemble de la population, soit près de 10 millions de personnes vivant au-dessous du seuil de pauvreté pour l’année 2018. C’est un taux de pauvreté relativement faible par rapport aux autres pays de l’Union Européenne (16,8% de la population est pauvre en moyenne dans l'UE). De même, les inégalités de niveau de vie et la pauvreté ne sont pas uniformes sur le territoire. Elles sont plus élevées en Île-de-France et dans les DOM, et de manière générale dans les communes les plus densément peuplées.

Les premiers indicateurs dans le contexte de la crise sanitaire

Il est encore trop tôt pour évaluer avec précision l’impact de la crise sanitaire. Néanmoins, l’INSEE estime que, depuis le premier confinement, la situation financière des ménages les plus modestes s’est dégradée davantage. Ainsi, 29% des ménages les plus modestes estiment que leur revenu mensuel a baissé entre mars 2020 et le premier trimestre 2021.

Ces difficultés nouvelles se traduisent dans la forte augmentation du nombre de bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) en 2020 (165 000 bénéficiaires supplémentaires en septembre 2020 par rapport à septembre 2019). Enfin, l’INSEE rappelle le rôle des politiques de redistribution (impôts directs et prestations sociales) pour limiter la hausse des inégalités et réduire le taux de pauvreté.