Baromètre du numérique 2021 : la pandémie multiplie les usages

Smartphones, tablettes, ordinateurs… La quasi-totalité des équipements numériques a connu un réel engouement au cours de l’année 2020. La pandémie est l’un des principaux facteurs d’explication.

Montage photo stylisé dans les tons tons bleus de matériel informatique (ordinateur, téléphone portable, écran, clavier...).
Pour la première fois depuis 2016, l’ordinateur est utilisé davantage que le smartphone pour se connecter à Internet : 43% des connexions pour l’ordinateur contre 41% pour le smartphone. © sdecoret - stock.adobe.com

Le baromètre du numérique 2021 fait ressortir qu'une grande partie de la population française utilise régulièrement les outils du numérique. Le nombre d’internautes quotidiens (83% des personnes interrogées) illustre ce constat. Par ailleurs, la diffusion du télétravail et de l’école en ligne, notamment lors des confinements, a significativement augmenté le recours à l’ordinateur (+19% par rapport au chiffres publiés dans le baromètre 2019). 

Qui réalise le baromètre du numérique ?

Le baromètre du numérique porte sur la diffusion des équipements numériques et l’évolution de leurs usages. Il s'agit d'une étude annuelle réalisée par le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc) depuis 2000. L'édition 2021 est réalisée auprès de 4 029 personnes interrogées par téléphone et en ligne.

Le pilotage du baromètre est le fruit d’une collaboration entre l'Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep), le Conseil général de l'économie (CGE) et l'Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT).

Les effets de la pandémie sur l’usage du numérique

Certains usages se sont développés en raison de la crise sanitaire et des périodes de confinement :

  • l’achat en ligne connaît une progression de 14% par rapport à l’étude précédente. Cette hausse concerne tous les groupes sociaux : au moins une personne sur deux déclare avoir effectué un achat en ligne et la proportion peut monter à 90% chez les diplômés du supérieur. 11% des acheteurs se font livrer une à deux fois par semaine contre 6% en 2019, signe que la fréquence d’achat s’intensifie ;
  • la vente en ligne augmente dans la même proportion (15%) : 44% des personnes interrogées déclarent avoir vendu au moins un objet ou un service en ligne au cours des douze derniers mois ;
  • près d’une personne sur deux (45%) a téléphoné par visio-conférence au cours des douze derniers mois alors qu’en 2011, cette pratique ne concernait que 10% des personnes interrogées ;
  • sept Français sur dix déclarent recourir à l’administration en ligne. Les classes d'âges les plus âgées s'en servent davantage : +13% chez les 60-69 ans et les personnes seules et +21% chez les 70 ans et plus ;
  • la participation aux réseaux sociaux a progressé de sept points pour attendre 67%.

L’ordinateur devant le smartphone pour se connecter à internet

Le succès du smartphone se poursuit en 2020 : 84 Français sur 100 sont équipés. Cet engouement touche toutes les classes d’âge.

Toutefois, face à l’essor des smartphone, l’ordinateur résiste. Pour la première fois depuis 2016, l’ordinateur est utilisé davantage que le smartphone pour se connecter à internet : 43% des connexions pour l’ordinateur contre 41% pour le smartphone. En revanche, le taux d’équipement en ordinateur diminue de 15% et se fixe à 61%. Pour les rapporteurs, il est possible que le confinement "ait compliqué l’accès aux ordinateurs pour certains membres du foyer".

Par ailleurs, la télévision reste plébiscitée. Seulement 5% des personnes interrogées n’en possèdent pas. Parmi les personnes équipées, le nombre d’heures passées en moyenne devant l’écran de télévision franchit la barre des 20 heures par semaine (19 heures en 2019).

La presse numérique est quant à elle consultée par 56% des répondants.

Une préoccupation sur la protection des données

La protection des données reste enfin une préoccupation pour près d’un Français sur quatre (26%) en 2020. Néanmoins, cette crainte diminue de 14% par rapport à l’étude précédente. La baisse de cet indicateur s’explique en partie par l’évolution des précautions employées par les utilisateurs. 66% auraient par exemple renoncé à un achat par manque de confiance au moment du paiement (+7% par rapport à 2019).

Malgré ce constat, les situations embarrassantes liées à l’exposition de la vie privée en ligne sont en hausse : 20% des personnes interrogées regrettent d’avoir publié ou écrit des contenus concernant leur vie privée sur internet (+12% par rapport à 2014) et 29% des personnes ont déjà été gênées que certains éléments de leur vie privée figurent sur internet (+10% par rapport à 2014).