Jeunes adultes : un sentiment de pauvreté en hausse fin 2020

Les baromètres d’opinion réalisés en 2019 et en 2020 permettent d'observer les évolutions du niveau d'inquiétudes des populations selon leur catégorie sociale, en regard à la crise sanitaire. Si le degré d'appréhension face au risque de chômage ou de pauvreté évolue peu, il n'en est pas de même pour les jeunes adultes, plus inquiets.

Jeune adulte regardant par la fenêtre.
Le constat d’une dégradation de la situation pour les jeunes est de plus en plus partagé par la population. © rosie_rocket - stock.adobe.com

Publiée en juillet 2021, l’étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) juxtapose le résultat des baromètres annuels avant et après l'arrivée de la crise sanitaire. Elle porte à la fois sur le sentiment de dégradation immédiat lié à la crise et sur la perception à plus long terme de la situation (risque de déclassement, chômage, pauvreté).

Le baromètre d'opinion 2020 de la Drees est le résultat d'une enquête menée du 19 octobre 2020 au 4 janvier 2021 auprès de 4 002 personnes constituant un échantillon représentatif de la population en France métropolitaine âgée de 18 ans et plus.

Déclassement intergénérationnel

La crainte ou le sentiment d’un effet de déclassement par rapport à la génération précédente, accéléré par la crise, s’accroît chez les jeunes adultes (+14 points), les travailleurs indépendants (40% jugent leur situation mauvaise en 2020 contre 16% en 2019) et, plus globalement, au sein des populations des agglomérations de plus de 100 000 habitants (+3 points).

Le sentiment de progression sociale par rapport aux parents au même âge diminue également chez les cadres et les professions intermédiaires (-9 points).

Le constat d’une dégradation de la situation pour les jeunes est de plus en plus partagé par la population qui se dit majoritairement favorable à la mise en place d’un revenu de solidarité active dès l'âge de 18 ans (54% en 2020 contre 47% en 2018).

Un sentiment diffus selon les catégories sociales

Le ressenti de l’impact de la crise sur la situation personnelle varie selon les catégories sociales. Alors que les cadres et les professions intermédiaires se sentent moins touchées, les catégories plus précaires s’estiment davantage exposées. C’est le cas notamment pour :

  • les personnes en contrat à durée déterminée (CDD) ou en intérim ;
  • les ouvriers ;
  • les travailleurs indépendants ;
  • les jeunes adultes (moins de 30 ans) ;
  • les personnes vivant seules et les familles monoparentales.

L’impact de la crise s’est traduit par un sentiment de perte financière pour une personne sur quatre (un actif sur trois a connu une dégradation de sa situation financière) induisant une inquiétude sur la capacité à faire face à une dépense imprévue. De 2019 à 2020, le taux d’actifs s’attendant à une baisse de leur revenu est doublé. Pour les catégories les plus fragiles, la hausse du chômage et le basculement dans la pauvreté sont les préoccupations les plus fortes.

Cette inquiétude d’une situation personnelle dégradée se retrouve à moindre échelle parmi les diplômés (29%) et au sein des catégories les plus aisées (19%).