Retraites : quelles options pour assurer l'équilibre financier du système ?

Le financement du régime de retraites ne pouvait pas sortir indemne de la pandémie de Covid-19 et des mesures prises pour endiguer la crise. Selon l'avis du Comité de suivi des retraites (CSR) du 15 juillet 2021, le surcoût lié au Covid serait toutefois "sous contrôle". Un avis qui laisse ouverte la question d'une réforme structurelle du système.

Groupe de retraités faisant une pause en montagne.
Le Comité de suivi des retraites a examiné les nouvelles projections du Conseil d'orientation des retraites (COR) publiées le 11 juin 2021. © ARochau - stock.adobe.com

Dans un avis rendu le 15 juillet 2021, le Comité de suivi des retraites (CSR) présidé par Didier Blanchet a présenté les dispositifs qui pourraient s'imposer si le gouvernement décidait de baisser les dépenses pour financer les régimes de retraites.

Cependant, précise le CSR, dans un contexte sanitaire encore incertain, la priorité reste actuellement sur le soutien de l’activité plus que sur la "résorption précipitée des déficits".

Le Comité de suivi des retraites

Le CSR a pour mission d’alerter le gouvernement en cas de dérive financière du système. Il le fait sur la base des projections du Conseil d'orientation des retraites (COR). Chaque année, il publie un avis sur le respect des trois objectifs formulés à l'article L.111-2-1 du code de la sécurité sociale :

  • maintien du niveau de vie des retraités ;
  • équité entre assurés ;
  • pérennité financière.

Les nouvelles projections du COR

Le Comité de suivi des retraites a examiné les nouvelles projections du COR publiées le 11 juin 2021 qui confirment l’ampleur des effets de la crise sur le ratio retraites/PIB et les déficits, plus faibles que prévus. Quant aux projections à long terme, elles sont revues dans un sens plus favorable.

Le Comité insiste néanmoins sur les incertitudes concernant le rythme de sortie de la crise, l’évolution démographique et économique à long terme du pays.

Deux sujets principaux se sont dégagés :

  • la gestion du surplus de déficits issus du choc lié au Covid-19, le législateur ayant prévu dès août 2020 des reprises systématiques des déficits sociaux par la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades) ;
  • la trajectoire à plus long terme du système, le Comité rappelant la nécessité d'établir un équilibre.

    Des déficits structurels à combler

    Le CSR insiste sur la nécessité de combler le déficit. Les régimes de retraites ne peuvent pas "se financer de manière durable par l’endettement", souligne l'avis. Selon le scénario le plus optimiste, le système ne retrouvera pas un équilibre avant le milieu des années 2030.

    Le rapport présente ainsi différentes options :

    • maintenir un niveau de dépense à 13,5% du PIB. Cette réponse implique une baisse du niveau de vie des retraités. Cette politique supposerait d’importants transferts de ressources au profit des régimes dont les déficits sont appelés à se creuser.
    • diminuer entre 12 et 12,5% les dépenses de retraite. Ce choix “nécessiterait de remonter l’âge effectif de liquidation de la retraite d’environ 0,5 année de plus qu’actuellement prévu aux horizons de 2025 et 2030, le portant respectivement à 63,3 et 63,8 ans à ces deux dates”, selon le document.
    • modifier l’indexation des pensions. "Il faudrait ajouter deux points de décrochement au ratio pension moyenne/salaire moyen en 2035 et 2040", précise le CSR.
    • créer un régime universel. "Le système gagnerait à pouvoir être piloté selon des règles plus simples et plus harmonisées", affirme le CSR. Mais, regrouper tous les régimes de retraite en un seul poserait la question de la transition entre les deux systèmes et la difficulté “à partir d’un système très éclaté" de réaliser une harmonisation intégrale ce qui "multiplie le nombre de difficultés à gérer et le risque de points de blocage".