Dépenses pré-engagées : le pouvoir d’achat des Français est-il en baisse ?

La part des dépenses pré-engagées des ménages français dans l’ensemble de leurs charges financières est passé de 27% à 32% entre 2001 et 2017. L’augmentation du poids de ces dépenses contraintes et débitées souvent automatiquement chaque mois peut ainsi accroître le sentiment de perte de pouvoir d’achat.

Gros plan sur les mains d'un coupe faisant leurs comptes.
Les dépenses pré-engagées représentent 41% des dépenses totales des ménages pauvres, contre seulement 28% pour les ménages aisés. L’écart a plus que doublé entre ces deux catégories de ménages entre 2001 et 2017. © megaflopp - stock.adobe.com

Loyers, charges, dépenses d'eau, d'électricité, services de télécommunications ou de télévision, assurances, remboursements d'emprunts immobiliers... Pour l’ensemble des ménages, le poids des dépenses pré-engagées dans la dépense totale a augmenté en moyenne de deux points entre 2011 et 2017 passant de 30% à 32% de leur dépense totale. Toutefois, la part des dépenses pré-engagées dans la dépense totale des ménages les plus modestes est plus élevée que celle des ménages les plus aisés.

C'est ce qui ressort de l’étude de France Stratégie publiée le 31 août 2021, dont les données sont issues des enquêtes Budget de famille de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Pour effectuer cette étude, la population a été scindée en quatre catégories de niveau de vie : ménage pauvres, ménages modestes non pauvres, classes moyennes, ménages aisés.

 

Dépenses pré-engagées : le poids du logement

Le poids des dépenses pré-engagées n’est pas le même selon les catégories de ménages. Ces dépenses représentent 41% de la dépense totale des ménages pauvres contre 28% de la dépense des ménages aisés.

Entre 2001 et 2017, l'écart a plus que doublé entre ces deux catégories. Par voie de conséquence, le revenu restant après déduction des dépenses pré-engagées est deux fois plus élevé pour les plus aisés.

Cet écart s’explique en grande partie par l’importance des dépenses liées au logement. Elles ont représenté en moyenne près de 68% des dépenses pré-engagées et 23% de la dépense totale des ménages en 2017. La part des dépenses de logement des plus pauvres dans la dépense totale est ainsi plus élevée que pour les classes moyennes et aisées. Par exemple, un ménage pauvre locataire du parc privé engage 40% de ses dépenses dans le logement contre 28% pour un ménage aisé et 29% pour les classes moyennes.

Dépenses pré-engagées, dépenses contraintes, dépenses nécessaires

L'étude dissocie ces trois concepts. La notion de "dépenses pré-engagées" correspond ici à des dépenses engagées par contrat et difficilement renégociables à court terme. Elles peuvent être par conséquent ni contraintes, ni nécessaires (location d'un logement luxueux). Ne sont par contre pas comprises des charges nécessaires comme des dépenses de transport domicile-travail.

L’importance de la situation familiale

D’autres facteurs pèsent également dans le montant de la dépense pré-engagée des ménages. C’est le cas de la situation familiale.

Les célibataires sont ainsi ceux qui, proportionnellement, font face à des dépenses pré-engagées les plus élevées. Celles d’un couple avec plus de deux enfants sont inférieures de 33% aux dépenses d’un célibataire. Selon l'étude, "cela confirme que les dépenses pré-engagées concernent des dépenses pour lesquelles les économies d’échelle sont importantes".

Par ailleurs, l'âge de la personne de référence a également une influence sur le poids des dépenses pré-engagées puisque ces dernières atteignent un pic en début d'âge actif (30-39 ans) avant de décliner régulièrement puis de remonter après 75 ans.