Bénéficiaires de minima sociaux : davantage de personnes handicapées

28% des bénéficiaires de minima sociaux en France (hors Mayotte) étaient en situation de handicap fin 2018. Or les personnes handicapées constituent 9% de l’ensemble de la population. Ces allocataires sont plus exposées à la pauvreté que la majorité des personnes handicapées et plus encore que les bénéficiaires des minima sociaux sans handicap.

Jeune couple atteint d'un handicap, à leur domicile.
Fin 2018, 1,4 million de bénéficiaires de minima sociaux ne résidant pas en structure spécialisée étaient handicapés au sens du Gali (indicateur de restriction globale d’activité). © Monkey Business - stock.adobe.com

Une étude sur les minima sociaux publiée le 1er septembre 2021 par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) présente les caractéristiques des bénéficiaires de minima sociaux porteurs d’un handicap et analyse leurs conditions de vie.

Quels bénéficiaires handicapés ?

Fin 2018, 1,4 million de bénéficiaires de minima sociaux ne résidant pas en structure spécialisée étaient handicapés au sens du Gali (Global Activity Limitation Indicator ou indicateur de restriction globale d’activité). Cet indicateur considère comme handicapée toute personne qui se déclare fortement limitée "depuis au moins six mois, à cause d’un problème de santé, dans les activités que les gens font habituellement".

Les personnes handicapées représentent :

L’AAH, le RSA et l’ASS étant versés à des individus en âge de travailler, les bénéficiaires de minima sociaux sont en général plus jeunes que l’ensemble de la population. Ils sont moins souvent retraités et plus fréquemment chômeurs ou inactifs. Ils sont aussi plus nombreux à vivre seuls ou dans une famille monoparentale.

Toutefois, les bénéficiaires en situation de handicap sont plus âgés (51 ans en moyenne, contre 41 ans pour les bénéficiaires non handicapés) et plus souvent retraités (17% contre 11%) ou inactifs (50% contre 23%). Enfin, 52% d’entre eux vivent seuls (contre 42% des valides).

Des conditions de vie dégradées

Les bénéficiaires de minima sociaux handicapés sont plus nombreux à :

  • vivre dans la pauvreté. Les personnes handicapées sont plus touchées par la pauvreté en conditions de vie (21% contre 10% de la population générale), surtout si elles perçoivent un minimum social (64%). Les bénéficiaires de l’AAH ou de l’Aspa, handicapés ou non, sont moins pauvres car ces allocations sont plus élevées que les autres minima sociaux. Quelle que soit la prestation, les bénéficiaires handicapés restent plus exposés que leurs homologues valides aux diverses dimensions de la pauvreté : restrictions de consommation (69% contre 61%), renoncement à des consultations médicales (18% contre 15%) ou à des soins dentaires (33% contre 26%)... ;
  • être en mauvaise santé (68%, contre 53% des autres handicapés et 14% des bénéficiaires valides) ;
  • avoir des relations sociales peu intenses. Ils ont moins de contacts avec leur famille et leurs amis que les autres personnes handicapées. 13% déclarent ne pas avoir d’amis (contre 8% des bénéficiaires valides). Ils sont aussi moins nombreux que les non-handicapés à pouvoir compter sur leur entourage pour un soutien (financier, matériel, moral) et à pouvoir lui apporter ce type d'aide.