Accès aux soins : des disparités territoriales

Les besoins de soins augmentent en France, sous l’effet du vieillissement de la population. L’accessibilité des professionnels de premier recours exerçant en ville (médecins généralistes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes et sages-femmes) varie selon les régions et parfois au sein d’une même région, générant des inégalités d’accès aux soins.

Patients dans une salle d'attente de consultation médicale.
Parmi les 20% de Français connaissant des difficultés d’accès à au moins une profession de premier recours, la moitié a du mal à accéder à plusieurs de ces professions. © Seventyfour - stock.adobe.com

Publiée par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) en septembre 2021, une étude sur l’accessibilité aux professionnels de santé de premier recours entre 2016 et 2019 révèle que les inégalités d’accès à ces professionnels tendent à s’atténuer mais que des disparités régionales subsistent, au détriment des ruraux le plus souvent.

Des disparités territoriales

On observe, entre 2016 et 2019, une amélioration de l’accessibilité moyenne :

  • aux sages-femmes (+16%) ;
  • aux infirmiers (+9%) ;
  • aux masseurs-kinésithérapeutes (+9%). L’accessibilité à ces professionnels de santé a progressé principalement dans les zones les mieux dotées, ce qui a creusé les inégalités territoriales.

Toutefois, l’accessibilité aux médecins généralistes s'est dégradée (-6%), surtout dans les communes qui en étaient faiblement dotées (-10%). Elle a baissé de 4% dans les villes les mieux loties, où elle est environ trois fois plus importante.

Par ailleurs, de fortes inégalités régionales apparaissent dans la répartition des professions de santé :

  • un nombre d'infirmiers plus faible dans les Pays de la Loire, le Centre-Val de Loire et les départements limitrophes ;
  • des kinésithérapeutes plus nombreux dans les villes ;
  • des sages-femmes moins présentes dans les aires urbaines petites et moyennes ;
  • des généralistes concentrés autour des pôles urbains mais constituant la répartition la plus homogène.

Pour ces quatre professions, la répartition des jeunes professionnels est comparable à celle des plus âgés.

Les ruraux cumulent les difficultés d’accessibilité

En 2019, 80% de la population française n’avait pas de difficulté majeure d’accès aux professionnels de premier recours avec 70% de personnes résidant dans de grandes aires urbaines et 21% dans des territoires ruraux.

Parmi les 20% de Français connaissant des difficultés d’accès à au moins une profession de premier recours, la moitié a du mal à accéder à plusieurs de ces professions. 1,7 million de personnes, soit près de 3% de la population, sont très défavorisées en termes d’accessibilité à la fois aux médecins généralistes, aux infirmiers et aux kinésithérapeutes. Les trois quarts de ces personnes vivent dans des territoires ruraux. Quant aux habitants des départements d’outre-mer (hors Mayotte), ils sont plutôt mal lotis en généralistes mais assez favorisés pour les trois autres professions.