Météo-France : comment mieux anticiper les phénomènes météorologiques extrêmes ?

Un rapport du Sénat pointe la nécessité de stabiliser les moyens financiers alloués à Météo-France afin de donner à l'établissement public la capacité de mieux prévoir et anticiper les phénomènes météorologiques extrêmes. En effet, ces phénomènes sont amenés à se multiplier avec le changement climatique.

Orage et impact de foudre sur la ville de Poitiers, dans la Vienne (86).
La course à la puissance de calcul est telle que l'opérateur doit se projeter dès à présent dans le prochain renouvellement de ses supercalculateurs à l'horizon 2025. Le coût avoisinerait les 300 millions d’eruos. © Romain Talon - stock.adobe.com

Selon le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) publié le 9 août 2021, la température de la planète devrait augmenter de 1,5 °C dès 2030.

Dans ce contexte de réchauffement climatique, le rapport publié en septembre 2021 par la Commission des finances du Sénat chargée d’évaluer le budget de Météo-France estime que l'organisme public aurait besoin d'environ 300 millions d’euros à partir de 2025 pour "prévenir plus tôt et de façon plus fine" les événements météorologiques extrêmes.

Des défis climatiques et technologiques

La vigilance météorologique de Météo-France permet d'informer déjà la population et les pouvoirs publics en cas de phénomènes dangereux. Sa mission première est d'assurer la sécurité météorologique des personnes et des biens. Déclencheur de la chaîne d'alerte, l'opérateur joue un rôle central en matière de prévention des risques naturels, comme les inondations ou les feux de forêt. Plus largement, ses services sont essentiels pour de nombreux secteurs comme la défense, l’aviation, l’agriculture, les transports ou encore l’énergie.

Dans les années à venir, Météo-France va devoir relever de nombreux défis, notamment technologiques, pour faire face aux phénomènes météorologiques plus fréquents et plus localisés. En février 2021, l'opérateur a achevé la mise en service de deux nouveaux supercalculateurs pour affiner ses prévisions et gagner en anticipation. Ces ordinateurs performants ont permis de multiplier par 5,5 les capacités de calcul de Météo-France.

Mais la course à la puissance de calcul est telle que l'opérateur doit se projeter dès à présent dans le prochain renouvellement de ses supercalculateurs à l'horizon 2025. Le coût du projet avoisinerait les 300 millions d’euros.

Selon les rapporteurs, Météo-France sera également confronté à la concurrence des géants du numérique sur le marché de la météo. Pour conserver ses ressources, l'opérateur doit se saisir des opportunités offertes par les nouvelles technologies, en particulier l’intelligence artificielle pour traiter des masses d'informations toujours plus importantes.

Une limitation des moyens humains et financiers

Météo-France doit pouvoir disposer de moyens humains et financiers suffisants pour relever ces défis climatiques et technologiques. Ces dix dernières années, l'opérateur a restructuré en profondeur son réseau territorial et réalisé des efforts de rationalisation de ses dépenses. Ses subventions publiques ont baissé de 20%, ses effectifs ont diminué de près d'un quart, et les deux tiers de ses implantations territoriales ont été supprimées, dans le cadre du programme "Action publique 2022".

Le rapport du Sénat juge donc important que l'État se réengage auprès de Météo-France pour renforcer sa capacité à prévenir les conséquences du dérèglement climatique au niveau européen et mondial. La participation de Météo-France aux travaux du Giec a contribué au rayonnement international de la France, mais ses activités de recherche gagneraient à être davantage valorisées auprès du grand public, selon les rapporteurs.

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