UE-Balkans occidentaux : des perspectives réaffirmées d'élargissement

Les dirigeants européens ont réaffirmé le soutien de l'Union européenne (UE) à la "perspective européenne" des Balkans occidentaux, sans toutefois fixer une date butoir. C'est ce qui ressort notamment du sommet organisé en Slovénie le 6 octobre 2021 par la présidence slovène du Conseil européen.

Vue depuis un train serbe dans les montagnes du Montenegro.
Les perspectives pour les Balkans se traduisent notamment par un plan économique et d'investissement de 30 milliards d'euros sur sept ans pour financer les transports, la transition énergétique et la santé entre autres. © Oleksandr - stock.adobe.com

Le sommet de Brdo pri Kranju (Slovénie), présidé par Charles Michel, président du Conseil européen, a réuni les 27 chefs d'État et de gouvernement des pays membres de l'UE, la présidente de la Commission européenne – Ursula von der Leyen – et six partenaires des Balkans occidentaux (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine du Nord, Monténégro, Serbie et Kosovo).

Ce sommet a donné lieu à la déclaration de Brdo, à laquelle les dirigeants des Balkans occidentaux se sont ralliés.

Une perspective européenne réaffirmée

Dans la déclaration de Brdo, l'UE réaffirme son engagement en faveur du processus d'élargissement en raison d'un "intérêt stratégique mutuel".

Cet élargissement est fondé sur "la base de réformes crédibles menées par les partenaires, d’une conditionnalité équitable et rigoureuse et du principe des mérites propres". La déclaration rappelle de même "qu’il importe que l’UE puisse maintenir et approfondir son propre développement, en garantissant sa capacité à intégrer de nouveaux membres".

Pour leur part, les partenaires des Balkans occidentaux réaffirment leur "attachement aux valeurs et principes européens et à la mise en œuvre des réformes nécessaires dans l’intérêt de leur population".

La déclaration mentionne une série d'objectifs concrets à court terme. D'ailleurs, selon la déclaration du 6 octobre 2021 du président de la République Emmanuel Macron, il s'agit "de pouvoir redonner des perspectives de court terme aux Balkans qui sont au sein de l'Europe".

Ces perspectives se traduisent notamment par un plan économique et d'investissement de 30 milliards d'euros sur sept ans pour financer les transports, la transition énergétique, la santé, la formation ou la numérisation de l’économie.

Des freins à lever

Toutefois, le soutien de l'UE est lié à la réalisation de progrès tangibles en matière d'État de droit, de réformes socioéconomiques et d'adhésion aux valeurs, règles et normes européennes.

Parmi les conditions mises en avant par l'UE, les entrants doivent respecter les valeurs fondamentales de l'État de droit, veiller à la séparation des pouvoirs et lutter contre la corruption et la criminalité organisée.

Des facteurs internes aux Balkans et à l'Union européenne conditionnent également l'avancée des négociations d'adhésion.

S'agissant des Balkans occidentaux, les conflits entre les différents candidats constituent une entrave au processus d'intégration. Ces conflits résultent de tensions frontalières et ethnoculturelles ou opposant des candidats à l'adhésion (Serbie-Kosovo).

Les divisions au sein des pays de l’Union contribuent aussi à ralentir les pourparlers :

  • conflits récurrents sur l'État de droit avec la Pologne ou la Hongrie ;
  • gel en 2019 des négociations d'adhésion avec l'Albanie et la Macédoine du Nord par la France, le Danemark et les Pays-Bas ;
  • véto de la Bulgarie en raison d'un différend historique avec la Macédoine du Nord.