Plan France 2030 sur l'innovation technologique : 34 milliards d'euros d'investissement

Hydrogène vert, véhicules électriques, agriculture, biomédicaments, composants électroniques... Au début du mois de février 2022, le Premier ministre, Jean Castex, a présidé le premier comité chargé du déploiement du plan France 2030 qui vise à transformer les secteurs clefs de l'économie par l'innovation technologique.

Châssis d'une voiture hybride dans un atelier de montage automobile.
Parmi les objectifs du plan, figure le secteur des transports avec un objectif de production de 2 millions de véhicules électriques et hybrides . © Sergii Chernov - stock.adobe.com

Une commission internationale d'économistes présidée par Olivier Blanchard et Jean Tirole avait remis au président de la République, en juin 2021, un rapport sur les grands défis économiques concernant la France.

C'est pour répondre à ces nombreux défis dans un contexte de transition écologique mais aussi pour accompagner certains secteurs comme l'automobile, l'aéronautique ou encore l'espace que le président de la République, Emmanuel Macron, avait présenté, le 12 octobre 2021, le plan d'investissement France 2030.

Pour faire suite à la présentation de ce plan, le Premier ministre, Jean Castex, a présidé, le 1er février 2022, le premier comité France 2030 aux côtés notamment des ministres qui participent au déploiement de ce plan.

Le premier comité France 2030

Le Premier ministre a installé le dispositif de gouvernance de France 2030. Ce premier comité France 2030 a été également l'occasion de présenter Bruno Bonnell, le nouveau secrétaire général pour l'investissement, qui est chargé de piloter le plan France 2030.

Ce plan est en effet assorti d'une méthodologie axée sur une simplification de la gouvernance et des procédures pour accélérer la mise en œuvre des projets.

Pour assurer la réussite du plan, plusieurs conditions ont par ailleurs été posées, parmi lesquelles :

  • la sécurisation de l’approvisionnement en matériaux et composants et les capacités de recyclage ;
  • la prévision des besoins en compétences humaines ;
  • un changement de la fiscalité pour mieux accompagner les entreprises dans la croissance.

Dix objectifs sur des technologies d'avenir

Ce plan est doté de 34 milliards d'euros auxquels viennent s'ajouter 20 milliards d'euros dans le cadre du quatrième programme des investissements d'avenir.

Il a pour objectif d'accélérer les investissements publics, créateurs de croissance, d'emplois et  d'indépendance industrielle. Il prévoit ainsi des investissements importants dans les secteurs technologiques de pointe (numérique, recherche quantique, technologies de la santé) à destination des entreprises et des startups.

Dix objectifs ont été fixés. Ils concernent en particulier :

  • le secteur de l'énergie, avec trois objectifs pour une industrie du nucléaire davantage orientée vers la gestion des déchets et la création de réacteurs nucléaires de petite taille, un développement de la production de l’hydrogène vert (projet de deux gigafactories d’électrolyseurs) et une décarbonation de grands secteurs industriels générant des émissions de CO2 (aciéries, cimenteries, industries chimiques) tout en mettant en place un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières ;
  • et le secteur des transports du futur, avec un objectif de 2 millions de véhicules électriques et hybrides et un autre objectif pour la réalisation du premier avion bas-carbone.

Les autres objectifs touchent les secteurs de :

  • l'alimentation (saine, durable et traçable) et de l'agriculture en investissant dans le numérique, la robotique et la génétique ;
  • la santé avec une médecine plus personnalisée et plus prédictive mais aussi une production de biomédicaments contre les cancers et les maladies chroniques en particulier ;
  • la culture (production de contenus à l’image des plateformes comme Netflix et construction de grands studios) ;
  • l'aérospatiale (développement de mini-lanceurs réutilisables et de microsatellites...) ;
  • et l'exploration des fonds marins (recherche de métaux rares, innovations en termes de biomimétisme...).