Aides à domicile : des conditions de travail qui exposent aux risques psychosociaux

Isolement, forte charge émotionnelle dans le travail, horaires atypiques et temps de repos réduits… Une étude de la Dares pointe les risques psychosociaux des métiers de l’aide à domicile qui comptent près de 95% de femmes.

Femme de ménage, aide à domicile, lavant des vitres.
Les métiers de l’aide à domicile sont souvent précaires. Les trois quarts des salariées de ce secteur travaillent à temps partiel et seules 61% ont le choix de leur temps de travail. © Fran - stock.adobe.com

La Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère du travail a publié une étude sur les risques psychosociaux des salariées de l'aide à domicile liés à leurs conditions de travail particulières. Cette profession étant essentiellement féminine (95%), les hommes ont été exclus du champ de l'enquête, de même que les salariées employées par des particuliers (qui représente un tiers des effectifs de l’aide à domicile) et celles n’ayant pas de contrat de travail.

Les aides à domicile travaillent auprès de personnes âgées, handicapées ou des familles en difficulté. Elles apportent un soutien dans les activités de la vie quotidienne et permettent aux personnes dépendantes de conserver leur autonomie et de continuer à vivre chez elles. Ces métiers se sont largement développés pour répondre à l’évolution des modes de vie familiaux et aux besoins d'une population vieillissante.

Des difficultés à concilier vie personnelle et professionnelle

Les métiers de l’aide à domicile sont souvent précaires. Les trois quarts des salariées de ce secteur travaillent à temps partiel et seules 61% ont le choix de leur temps de travail (contre 85% pour les autres salariés).

Malgré leur emploi à temps partiel, ces femmes ont des horaires de travail très morcelés qui conduisent à des journées plus longues. Ainsi, 51% d’entre elles n’ont pas les mêmes horaires tous les jours et 15% ne connaissent pas leurs horaires une semaine à l’avance. De plus, elles ont des temps de repos très réduits et sont davantage concernées par le travail le samedi, le dimanche et les jours fériés. En revanche, elles sont moins nombreuses à travailler le soir et la nuit.

Ces horaires et conditions de travail augmentent le risque d’épuisement professionnel et rendent plus difficile la conciliation entre vie personnelle et professionnelle. La moitié des aides à domicile déclarent que leurs proches ne les trouvent pas assez disponibles à cause de leur travail (contre 36% pour les autres salariés).

Un isolement important et une forte charge émotionnelle

Les salariées de l’aide à domicile travaillent au contact du public, avec les personnes qu’elles aident. Pourtant, elles déclarent peu de tensions et de conflits (6%) par rapport aux autres salariés en contact avec le public (11%). Néanmoins, la charge émotionnelle est plus importante. Elles sont souvent en contact avec des personnes en situation de détresse et déclarent davantage cacher leurs émotions.

Ces salariées sont exposées à un important isolement professionnel. Elles sont deux fois plus nombreuses à ne pas pouvoir discuter avec leur hiérarchie lorsqu'elles rencontrent une difficulté dans leur fonction. Un quart des aides à domicile déclarent ne pas pouvoir discuter non plus avec leurs collègues (contre 4% pour les autres salariés). Malgré ce sentiment d’isolement, les salariées de l’aide à domicile se sentent plutôt soutenues par leur hiérarchie et reconnue dans leur travail. En revanche, elles sont 76% à considérer que leur salaire n’est pas satisfaisant au vu de leurs efforts.