Abeilles : les grandes lignes du "plan pollinisateurs" 2021-2026

L'effondrement des populations d'insectes pollinisateurs (abeilles en particulier) représente une menace pour l'équilibre de l'écosystème et le rendement des productions agricoles. Pour enrayer ce déclin, malgré un nombre croissant de ruches, un plan en faveur des insectes pollinisateurs a été élaboré pour la période 2021-2026.

Ruches et abeilles butinant dans des champs de colza.
Un arrêté du 20 novembre 2021 modifie les dispositifs sur les conditions d'utilisation de produits phytopharmaceutiques dans les champs en période de floraison. © nedomacki - stock.adobe.com

Le ministère de la transition écologique et le ministère de l’agriculture et de l’alimentation ont annoncé le lancement du plan national en faveur des insectes pollinisateurs et de la pollinisation pour la période 2021-2026, ainsi que la publication d’un arrêté renforçant la protection des abeilles. Promis en août 2020, après la réintroduction temporaire, pour la culture de la betterave, des insecticides néonicotinoïdes, nocifs pour les abeilles, ce plan a été mis en consultation du public entre le 29 juin 2021 et le 20 juillet 2021.

Ce nouveau plan national s'inscrit dans la continuité des actions préalablement engagées pour la préservation des insectes pollinisateurs sauvages avec le plan "France Terre de pollinisateurs" 2016-2020

Les axes thématiques du "plan pollinisateurs" 2021-2026

Six axes thématiques majeurs pour la protection des insectes pollinisateurs structurent ce plan pour la période 2021-2026. 

Ils visent : 

  • l'amélioration des connaissances scientifiques sur les pollinisateurs sauvages et les causes de leur déclin ainsi qu'une quantification précise de l'impact du dérèglement climatique ;  
  • le développement de leviers économiques et d’accompagnements des agriculteurs, des apiculteurs et des forestiers, dans un souci de garantir la viabilité économique des exploitations apicoles, le développement d'élevages en sélections apicoles adaptées à la diversité des biotopes français et la commercialisation des miels ; 
  • l'accompagnement des autres secteurs d’activités (aménagements urbains, sites industriels, sites à grande emprise foncière, aires protégées), en vue de renforcer et de conserver les habitats naturels des insectes pollinisateurs ;
  • la préservation du bon état de santé des abeilles et autres pollinisateurs dans les différents volets sanitaire, toxicologie et pollinisation, sous l'égide du Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (CNOPSAV) ;
  • la réglementation pour la protection des pollinisateurs lors de l'usage de produits phytopharmaceutiques ;
  • la mise en place d'un dispositif collégial pour des pratiques agricoles favorables aux pollinisateurs et la promotion de la certification environnementale.

Des listes rouges pour les insectes pollinisateurs sauvages

Parmi les actions emblématiques du "plan pollinisateurs" 2021-2026 figurent : 

  • l'établissement de listes rouges des insectes pollinisateurs sauvages particulièrement menacés (une espèce d’abeille et de papillon sur dix est au bord de l’extinction) ;
  • une meilleure connaissance des interactions pollinisateurs-plantes (les facteurs de stress pour les abeilles, les bonnes pratiques pour le traitement des cultures...) ;
  • une mobilisation territorialisée, notamment avec le Conseil national des villes et villages fleuris ;
  • le déploiement de l'Observatoire des mortalités et des affaiblissements de l'abeille mellifère (OMAA) sur l'ensemble du territoire national pour le recueil de données sanitaires avec le concours des apiculteurs ;
  • la prise d'un arrêté le 20 novembre 2021 modifiant les dispositifs de 2003 concernant les conditions d'utilisation de produits phytopharmaceutiques dans les champs en période de floraison.

En ce moment