Éducation aux médias et à l’information, l'implication des chaînes de télévision et de radio

Les discours de haine et les fausses informations prolifèrent sur les réseaux sociaux, surtout depuis les attentats de 2015 en France. En soutien au travail des enseignants, la contribution des groupes audiovisuels à l’éducation aux médias et à l’information (EMI) s’avère nécessaire comme le souligne un récent rapport du CSA.

Des élèves travaillent en classe sur l'éducation aux médias.
Le Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information (Clemi), interlocuteur privilégié des médias pour l’EMI, organise chaque année la semaine de la presse et des médias dans les écoles. © eggeeggjiew - stock.adobe.com

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a publié, en novembre 2021, son premier rapport sur l’éducation aux médias et à l'information (EMI). Le Conseil met en lumière les initiatives des médias audiovisuels et ses propres actions en la matière. Le CSA formule aussi des préconisations pour améliorer l'EMI.

Depuis 2013, le CSA s'investit de plus en plus sur l'EMI en intervenant auprès des acteurs audiovisuels et des publics scolaires :

  • il participe à des formations d’enseignants ;
  • en collaboration avec le ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports, il élabore des ressources pédagogiques pour les professeurs et met en œuvre des actions éducatives destinées aux élèves.

Les actions engagées par les chaînes de télévision et de radio pour l'EMI

Les groupes du service public (France Télévisions, Radio France et France Médias Monde) respectent leurs obligations en la matière, fixées par la loi du 30 septembre 1986. Ils dénoncent toutefois des moyens insuffisants pour répondre au besoin croissant d’éducation aux médias. Les chaînes privées, quant à elles, s’engagent spontanément pour l’EMI.

Les chaînes contribuent à l’EMI en diffusant divers programmes :

  • sur le fonctionnement des médias, la fabrication de l’information et la lutte contre la désinformation (émissions dédiées, documentaires, chroniques). Certaines chaînes proposent des dispositifs de vérification des faits en direct, lors de débats par exemple. Ces programmes visent en priorité le jeune public même si celui-ci n’est pas le seul à être perméable aux infox ;
  • sur la création culturelle et artistique et les connaissances civiques, économiques, sociales, scientifiques et techniques. La plupart de ces contenus sont diffusés par les chaînes publiques.

En 2020, France Télévisions a d'ailleurs favorisé la continuité pédagogique durant la crise sanitaire en proposant chaque jour des programmes éducatifs destinés à différents niveaux scolaires : La maison Lumni et Les cours Lumni.

En vue d’élargir leur public, les médias audiovisuels prolongent leurs actions aussi :

Les recommandations du CSA

Afin de développer l’EMI, le CSA recommande également aux diffuseurs :

  • d’accroître les initiatives visant les publics adultes ;
  • d’intensifier les partenariats avec des institutions et des acteurs de l’éducation ;
  • d’évaluer l'effet des actions auprès des publics ;
  • de favoriser les échanges avec les professionnels de l’éducation pour cibler les besoins et partager les bonnes pratiques ;
  • d’inscrire les initiatives dans des plans pluriannuels ;
  • d’être vigilants sur les questions de harcèlement en ligne et sur les moyens de le combattre.