Sida : baisse du nombre de dépistages et de diagnostics au VIH en 2020

Alors que le 1er décembre est la journée mondiale de lutte contre le sida, Santé publique France note, pour l'année 2020, une baisse du nombre de découvertes de séropositivité au VIH. Selon Santé publique France, cette diminution s'explique en partie par un recours au dépistage en recul.

Ruban rouge, symbole de la lutte contre le sida.
Dans tous les cas, la baisse des dépistages tant pour le VIH que pour les IST risque d'impliquer un retard de diagnostic et, par conséquent, une circulation plus importante des infections. © Comugnero Silvana - stock.adobe.com

Publiée le 30 novembre 2021, le Bulletin de Santé publique France constate une baisse de nouveaux diagnostics au VIH en 2020. Ces chiffres, en lien avec les effets de la pandémie de Covid-19, s'expliquent surtout par une diminution importante du recours au dépistage en 2020, notamment lors du premier confinement au printemps 2020.

Pour Santé publique France, cette baisse pourrait aussi résulter d'une moindre exposition au VIH dans un contexte de distanciation sociale.

4 856 personnes diagnostiquées séropositives en 2020

En 2020, il y a eu 5,2 millions de sérologie au VIH réalisées (-14% par rapport à 2019) alors que l'activité de dépistage avait augmenté de 2013 à 2019.

Dans le même temps, en 2020, 4 856 personnes ont découvert leur séropositivité, ce qui représente une baisse de 22% par rapport à 2019.

Parmi les personnes ayant découvert leur séropositivité en 2020  :

  • 43% sont des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ;
  • 38% sont des hétérosexuels nés à l'étranger ;
  • 16% des hétérosexuels nés en France ;
  • 1,5% des usagers de drogues injectables ;
  • 1,5% des personnes trans contaminées par rapport sexuel.

Cette diminution est plus marquée chez les personnes nées à l'étranger (-28%) que chez les personnes nées en France (-14%) ce qui peut s'expliquer par :

  • une baisse des flux migratoires ;
  • un accès au dépistage plus difficile avec la crise sanitaire.

Concernant les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes nés en France, cette diminution, constatée depuis plusieurs années, perdure en 2020 (-15%).

Baisse de dépistages pour les IST

En 2020, le dépistage a également été moindre pour trois IST (chlamydia, infection à gonocoque, syphilis) bactériennes avec :

  • -6% de dépistages en secteur privé ;
  • -30% dans les Centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic.

Plus particulièrement, les diagnostics d'une infection à chlamydia ont fortement diminué (-31% dans les Centres de dépistage), ce qui pourrait s'expliquer par l'aspect plus asymptomatique de ce type d'infection n'ayant donc pas conduit à une consultation.

La majorité des personnes diagnostiquées à cette IST en médecine générale sont des femmes (54%) et des personnes hétérosexuelles (75%).

Un retard au diagnostic

Dans tous les cas, la baisse des dépistages tant pour le VIH que pour les IST risque d'impliquer un retard de diagnostic et, par conséquent, une circulation plus importante des infections. Pour rappel, 30% des infections au VIH découvertes en 2020 l'ont été à un stade avancé.