Absences des enseignants : les recommandations de la Cour des comptes

Un récent rapport de la Cour des comptes estime le coût des absences des enseignants dans le premier et le second degré à quatre milliards d’euros par an. La majorité de ces absences non remplacées seraient liées à des obligations professionnelles (formation continue, réunions pédagogiques, jurys d’examens, voyages scolaires...).

Vue sur une salle de classe vide.
D'après la Cour des comptes, la proportion d’enseignants absents pour cause de maladie ordinaire est inférieure à celle des salariés du privé et des autres ministères. © Jean Luc Flemal - stock.adobe.com

Alors que la crise sanitaire a mis en lumière l’importance de la continuité pédagogique pour les élèves, la Cour des comptes a remis, le 2 décembre 2021, un rapport sur la gestion des absences des enseignants.

Si le remplacement des professeurs est assuré dans 80% des cas dès le premier jour d’absence dans les écoles primaires, il n’en est pas de même pour les collèges et les lycées.

Dans le secondaire, les absences (supérieures à 15 jours) y sont remplacées à 96%, mais les absences de courtes durées (inférieures à 15 jours) ont représenté 2,5 millions d'heures, dont 500 000 seulement ont fait l'objet d'un remplacement. Les collégiens et les lycéens ont ainsi perdu près de 10% d’heures de cours lors de l’année scolaire 2018-2019, soit 24% de plus que l’année précédente.

Des absences liées à des obligations de service

Selon le rapport, une partie de ces absences de courtes durées, mal remplacées dans le second degré, seraient dues au fonctionnement même de l’éducation nationale. Un tiers relève d'absences pour raisons personnelles, comme la santé, mais les deux tiers restants sont liés à des obligations professionnelles (formation continue, examens, réunions pédagogiques, sorties scolaires…).

La Cour des comptes pointe l'insuffisance des outils de l'éducation nationale pour mesurer précisément ce phénomène et formule plusieurs recommandations :

  • planifier les examens, réunions et formations en dehors des heures de classe ;
  • créer une base nationale des absences des enseignants ;
  • inscrire le remplacement dans les missions des enseignants et mettre en place un forfait annuel d’heures de remplacement ;
  • donner les moyens aux chefs d’établissement de mieux assurer la gestion des remplacements ;
  • redéfinir les obligations réglementaires de service des enseignants sur une base annuelle et non plus hebdomadaire dans le second degré pour mieux prendre en compte les variations d’activité au cours de l’année scolaire.

Une politique insuffisante de prévention des absences pour raison de santé

D'après la Cour des comptes, qui s’appuie sur des analyses de la Direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP) et de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), la proportion d’enseignants absents pour cause de maladie ordinaire sur une journée donnée est inférieure à celle des salariés du privé et des autres ministères.

En 2019, 2,6% des enseignants ont été absents au moins un jour pour raison de santé au cours d’une semaine, contre 3,2% parmi les autres agents de la fonction publique d’État. Ces chiffres sont inférieurs à ceux de la fonction publique territoriale (5,1%) ou hospitalière (4,6%), et même du secteur privé (3,9%).

Néanmoins, parmi les différents types d'absences, les absences pour raison de santé restent  prédominantes chez les enseignants (36,6%) et fortement corrélés au sexe et à l’âge. Ils sont, par ailleurs, davantage atteints par les maladies transmissibles et les risques psychosociaux comme l’épuisement professionnel.

Par conséquent, la Cour recommande de mener une politique active de prévention mais aussi de mettre en place une politique de vaccination des personnels.