Production agricole : comment retrouver l'autonomie alimentaire ?

Un rapport parlementaire dresse un état des lieux des forces et faiblesses de la France sur la question de l’autonomie alimentaire. Si la production agricole française reste globalement excédentaire, certaines filières, comme celle des fruits et légumes, sont en revanche dépendantes des importations.

Productions de melon de Cavaillon (84).
Certaines productions agricoles comme les oléagineux et les fruits et légumes souffrent d'une plus grande concurrence, notamment européenne : "deux tiers d’entre elles sont d’origine européenne". © illustrez-vous - stock.adobe.com

Le secteur agricole est au 3e rang des secteurs français qui exportent le plus. L’excédent de la balance commerciale agricole se situe en moyenne à 8,4 milliards d’euros entre 2010 et 2020. Pourtant, un rapport parlementaire sur l'autonomie alimentaire de la France pointe la dégradation du solde commercial des filières agricoles ainsi que le manque d’adaptation de l’agriculture française à l’évolution de la consommation des denrées alimentaires.

La dépendance aux importations augmente

Certaines filières agricoles bénéficient d'un solde commercial excédentaire. C'est le cas des vins et spiritueux (10,6 milliards d’euros d’excédent), des céréales (5,8 milliards d’euros) ou du lait et des produits laitiers (3,5 milliards d'euros). Ces secteurs porteurs jouissent d’une certaine notoriété à l’étranger qui repose sur la qualité des produits mais aussi sur la reconnaissance d'une réglementation sanitaire exigeante. Malgré la bonne santé de ces filières, les exportations (corrigées de l’inflation) ont stagné entre 2011 et 2017 avant de repartir légèrement à la hausse en 2018 et 2019. Entre 2000 et 2015, la France est passée du deuxième rang mondial des pays exportateurs, derrière les États-Unis, au sixième rang. En Europe, elle est désormais devancée par les Pays-Bas et l’Allemagne.

Quelle est la définition de l'autonomie alimentaire ?

Capacité d’une nation à décider souverainement de ses politiques alimentaires et à satisfaire globalement les besoins alimentaires de la population, en qualité et en quantité.

La part des importations dans la consommation totale de produits alimentaires a doublé en 20 ans. Elle atteint aujourd’hui 20%. Certaines productions agricoles comme les oléagineux et les fruits et légumes souffrent d'une plus grande concurrence, notamment européenne. Cette concurrence s’appuie sur un coût du travail moins élevé et des normes de production moins contraignantes. Par ailleurs, certains secteurs français, comme celui de la viande sont positionnés sur des marchés haut de gamme, peu adaptés à la demande.

20 recommandations pour accroître l’autonomie alimentaire

Face à ces constats, les rapporteurs identifient quatre axes d'action destinées à limiter la dépendance aux importations de produits alimentaires :

  • développer la compétitivité de l’agriculture française ;
  • revaloriser les métiers de l’agriculture ;
  • répondre aux exigences de protection de l’environnement ;
  • favoriser le développement des territoires.

Le rapport établit 20 recommandations parmi lesquelles :

  • adapter la production agricole à la demande des consommateurs avec le concours de l’État : "Les pouvoirs publics pourraient jouer un rôle plus stratégique dans la planification de la production en fonction des besoins" ;
  • harmoniser les normes de production et les normes sociales européennes ;
  • créer un observatoire de la souveraineté alimentaire ;
  • augmenter la part des produits français utilisés dans la restauration commerciale ;
  • revaloriser le revenu des agriculteurs ;
  • encourager le développement des circuits de proximité et de la production locale.