L'accès au logement pour les jeunes, une "urgence absolue"

Un rapport de l’Assemblée nationale alerte sur les difficultés d'accès au logement des jeunes et formule plusieurs propositions pour améliorer l’offre dédiée aux étudiants et aux jeunes actifs.

Jeune avec masque Covid pris en contre-plongée devant une barre d'immeuble.
Les rapporteurs préconisent notamment de faciliter l’accès des jeunes au parc social existant. Et donc d’accentuer la production de logements de petites surfaces et de massifier le recours à la colocation dans le parc HLM. © beavera - stock.adobe.com

La commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale a publié un rapport sur le logement et la précarité des étudiants, des apprentis et des jeunes actifs.

Depuis 2000, les prix de l’immobilier ont augmenté quatre fois plus vite que les revenus des ménages et représentent une dépense difficile à assumer pour les étudiants et les jeunes actifs. Les jeunes ont ainsi un taux d’effort net consacré au logement deux fois supérieur à la population générale. Ce taux est de 22% pour les 18-25 ans et 18,5% pour les 25-29 ans contre 10,3% pour la population générale. Le logement représente 60% du budget des étudiants.

Selon ce rapport, le logement représente le premier poste de dépense des jeunes et contribue de plus en plus à leur précarisation, alors qu’un jeune sur cinq entre 18 et 29 ans se situe aujourd’hui sous le seuil de pauvreté.

Une crise du logement bien ancrée

Cette crise du logement s’explique par les difficultés d’insertion des jeunes sur le marché du travail et par une production insuffisante de logements pour faire face à la demande.

Le nombre d’étudiants est en constante augmentation et atteint aujourd’hui 2,7 millions d’inscrits dans l’enseignement supérieur, soit deux fois plus que dans les années 1990. Cette croissance de la demande impose 40 000 logements supplémentaires par an.

Or, seules 355 000 places sont disponibles en résidences étudiantes. Les 175 000 résidences universitaires des centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (Crous) ne permettent de loger que près d’un quart des boursiers de l’État qui représentent 7% de l’ensemble des étudiants en France. Pour se loger, les jeunes sont obligés de se tourner vers le parc privé.

Renforcer l’offre de logement social pour les jeunes

Face à ce constat, les rapporteurs formulent quatre propositions majeures pour améliorer l’offre de logement pour les jeunes.

Ils recommandent notamment de faciliter l’accès des jeunes au parc social existant. En effet, ce parc est structurellement inadapté à leurs besoins du fait de la longueur des procédures. Les étudiants ou jeunes actifs ont une mobilité nettement supérieure à la moyenne des ménages. Ainsi, 40% des moins de 25 ans changeraient de logement chaque année. De plus, les jeunes sont à la recherche de superficie réduite. Or, le parc des logements sociaux ne comporte que très peu de logements de petite taille (30% de T1 et T2). Le rapport recommande donc d’accentuer la production de logements de petites surfaces et de massifier le recours à la colocation dans le parc HLM.

Parmi les autres recommandations du rapport :

  • mobiliser le foncier, en exigeant des collectivités publiques la libération gratuite de leurs terrains et en favorisant la réhabilitation d’immeubles de bureaux, de complexes hôteliers ou de cliniques en logements étudiants ;
  • améliorer la connaissance des jeunes sur les aides à l’accès au logement avec la création de guichets uniques, notamment dans les établissements d’enseignement supérieur et dans les maisons France services ;
  • accélérer l’autonomisation des universités en les accompagnant dans la valorisation de leur patrimoine et la gestion d’un parc de logements.