Travailleurs indépendants : des revenus souvent inférieurs au Smic

Une enquête sur les revenus fiscaux 2019 évalue à trois millions le nombre de travailleurs indépendants. L’étude de l’Insee publiée en janvier 2022 s’intéresse aux niveaux de revenus de cette catégorie de travailleurs en affinant l’analyse selon les secteurs professionnels concernés et la situation des foyers.

Acteurs de théâtre en audition.
Les secteurs d’activité où l’on observe les plus faibles revenus sont notamment l’information, les arts et les spectacles. © guruXOX - stock.adobe.com

En 2018 et 2019, sur trois millions de travailleurs indépendants, quatre sur dix déclaraient des revenus inférieurs au Smic annuel. Les situations sociales des travailleurs indépendants sont cependant diverses, comme le montre l’étude de l'Insee publiée le 5 janvier 2022.

Les travailleurs indépendants se caractérisent par l'absence de contrat de travail et de lien de subordination permanent à l'égard d'un donneur d'ordre.

Des revenus variables selon les secteurs d'activité

Selon les données 2019 exploitées par l'Insee, 27% des travailleurs indépendants "gagnent très peu", soit un revenu inférieur à la moitié du Smic. 20% d'entre eux exercent une activité professionnelle complémentaire, parfois même salariée.

Comparativement à l'ensemble des travailleurs, ils sont plus représentés aux deux extrémités de niveaux de revenus : 13% font partie des ménages les plus pauvres (contre 5% de l’ensemble des salariés) et 25% entrent dans la catégorie des 10% des ménages les plus aisés (contre 12% pour l’ensemble des salariés).

Les secteurs d’activité où l’on observe les plus faibles revenus sont : 

  • l’information, les arts et les spectacles (3% de l’activité indépendante). Dans ce secteur, une moitié des indépendants gagne "très peu" (revenu inférieur au Smic) et 28% vit en dessous du seuil de pauvreté ;
  • l’agriculture. 38% des indépendants gagnent très peu et 26% sont sous le seuil de pauvreté ;
  • le commerce avec 36% de très faibles revenus.

En revanche, les secteurs plus éloignés des seuils de pauvreté sont :

  • les secteurs intermédiaires hors des domaines de la santé et du travail social (arts graphiques, la mode, la décoration… ), bien qu’une majorité (52%) déclare des revenus faibles, voire très faibles (20%) ;
  • la santé (infirmiers libéraux, kinésithérapeutes, orthophonistes…) où 7% des revenus d'activité sont très faibles ;
  • les chefs d'entreprise employant 10 salariés ou plus et les professions libérales (8% des indépendants) avec respectivement 8% et 14% de revenus d'activité très bas. 

Une situation qui varie selon l'âge ou la composition du ménage

Les travailleurs indépendants séniors (plus de 65 ans) sont la catégorie la plus concernée par les très faibles revenus d’activité (45%). Cependant, ils sont la catégorie la moins exposée à la pauvreté du fait de ressources complémentaires (retraites, rentes…) et de la situation globale du ménage.

À l’inverse, les travailleurs indépendants vivant seuls ou élevant seuls leur(s) enfant(s) – dans de nombreux cas des femmes ou des jeunes en début de carrière professionnelle – sont les plus représentés parmi les très faibles revenus entrant dans la catégorie des ménages pauvres (respectivement 12% et 34%).

Pour neuf indépendants sur dix, leur revenu représente en moyenne 50% du revenu disponible du ménage. Pour 71% c'est du conjoint que provient la plus grosse part du revenu disponible.

Un peu plus d’un indépendant sur dix perçoit un revenu inférieur à la moitié du Smic et vit sous le seuil de pauvreté. Une partie des indépendants échappe au seuil de pauvreté grâce aux ressources de la protection sociale (allocations chômage, pensions de retraite…).