Industries alimentaires françaises : un fort développement à l’étranger

Avec une production estimée à 140 milliards d’euros en 2020, les industries alimentaires françaises résistent mieux à la crise sanitaire que d’autres secteurs. Leur production baisse seulement de 2,3% en 2020 contre 12,5% pour l’industrie manufacturière.

Production de biscuits dans une usine de production alimentaire.
L’Insee constate que 164 groupes multinationaux français concentrent 47% de la valeur ajoutée et 41% des effectifs de l'industrie alimentaire française. © xiaoliangge - stock.adobe.com

La France se situe au 2e rang des pays producteurs d'aliments transformés au sein de l'Union européenne derrière l'Allemagne. La force de cette industrie s’explique par la combinaison d’une activité importante de transformation de la viande (24% de sa production) et de fabrication de produits laitiers (19%) selon les données répertoriées par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans son étude du 13 janvier 2022.

Une minorité d’entreprises de grande taille

Le secteur des industries alimentaires est composé de 50 343 entreprises dont 90% sont des entreprises de moins de 10 salariés. Les trois-quarts d’entre elles se situent dans le secteur de la boulangerie-pâtisserie. Ces dernières génèrent un chiffre d’affaires annuel de 10,5 milliards d’euros (Md€) tout en employant 140 000 salariés.

Pourtant, la plus grande partie du chiffre d’affaires est réalisé par une minorité d’entreprises de grande taille. L’Insee constate que 164 groupes multinationaux français concentrent 47% de la valeur ajoutée et 41% des effectifs. Les plus grands groupes multinationaux français occupent principalement le secteur des produits laitiers.

Ces dernières années, le développement des filiales de ces multinationales a lieu principalement à l’étranger. Si la majeure partie du chiffre d’affaires est réalisée en Europe, les effectifs des grands groupes se situent majoritairement hors d'Europe et pour une grande partie (36%) sur le continent américain (principalement États-Unis, Brésil, Canada) selon les chiffres de 2018.

Un nombre de filiales qui augmente plus vite à l'étranger

Les filiales à l'étranger emploient davantage de salariés que les filiales en France : 230 000 salariés contre 149 000 en France, pour l’ensemble des filiales. D'ailleurs, pour près de 20% de ces groupes, les effectifs de salariés à l’étranger représentent plus du double des effectifs employés en France. Le nombre de filiales à l'étranger a également augmenté deux fois plus vite que le nombre de filiales en France entre 2011 et 2018.

L’implantation à l’étranger répond en effet à une logique de développement "pour s’adapter localement aux préférences des consommateurs, simplifier la logistique de denrées périssables ou contourner les barrières douanières".

Malgré un solde commercial en léger retrait sur la période 2011-2018, l’ensemble des groupes multinationaux français reste fortement excédentaire (8,6 Md€) avec 14,1 Md€ de produits alimentaires exportés.