Attractivité de la France : une baisse des investissements étrangers due à la crise sanitaire

En 2020, l'économie mondiale a subi les effets de la crise sanitaire avec la pandémie de Covid-19. Dans un contexte mondial marqué par la baisse des flux d'investissements directs étrangers, la France est restée toutefois une destination pour les projets d'investissements.

Vue aérienne d'une usine et d'une zone d'activité.
En 2020, la France est la 7e économie mondiale notamment grâce à une main-d'œuvre bien formée avec une des productivités horaires parmi les plus élevées au monde et un coût du travail avantageux. © Francois Boizot - stock.adobe.com

Business France et la Direction générale du Trésor (DGT) ont publié, le 17 janvier 2022, la 12e édition du tableau de bord de l'attractivité de la France.

Malgré la contraction mondiale des flux d'investissements directs étrangers (IDE), la France conserve la position de première destination européenne des projets d'investissements étrangers, acquise en 2019.

Les mesures prises en faveur de l'attractivité des territoires et mises en œuvre afin de faire face à la crise sanitaire expliquent en partie ces résultats.

Une contraction des flux d'investissements directs étrangers

En 2020, les flux d'IDE mondiaux se sont contractés de 35% pour atteindre 1 000 milliards de dollars. Cette baisse est bien plus marquée que celles des échanges commerciaux (-9,6%) ou de l'activité économique (-3,5%).

Le flux d'IDE entrants en France, qui s'établit à 25 milliards d'euros en 2019, tombe à 4 milliards d'euros en 2020. Cette baisse est due au report de décisions d'investissement (-12 milliards d'euros sur les opérations en capitaux propres) et aux réinvestissements de bénéfices moindres (-4 milliards d'euros) des entreprises étrangères dans leurs filiales. En 2020, la France est le 17e pays d'accueil de flux d'IDE dans le monde (12e en 2019) et le 6e en Europe, derrière le Luxembourg, l'Allemagne, l'Irlande, la Suède et le Royaume-Uni.

L'apport des filiales d'entreprises étrangères à l'économie française est essentiel. Elles étaient 15 859 en 2018 selon l'Insee. Au 4e rang dans l'Union européenne (UE), elles représentaient :

  • un chiffre d'affaires de 783 millions d'euros (2e rang dans l'UE) ;
  • 2,2 millions d'emplois (2e rang dans l'UE, 9% des emplois en France).

La France conserve ainsi en 2020 sa place de première destination des projets d'investissements étrangers en Europe : 17,7% des annonces, contre 17,5% pour le Royaume-Uni et 16,7% pour l'Allemagne. C'est en partie dû à la première place qu'occupe la France en Europe pour l'accueil des investissements étrangers dans les activités de R&D.

Une attractivité qui perdure

En 2020, la France est la 7e économie mondiale (après les États-Unis, la Chine, le Japon, l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Inde). Selon le baromètre, plusieurs facteurs expliquent son attractivité, malgré la crise sanitaire :

  • une place centrale en Europe qui est le 2e marché le plus vaste du monde ;
  • une démographie dynamique ;
  • une main-d'œuvre bien formée avec une des productivités horaires parmi les plus élevées au monde ;
  • des investissements importants en recherche (6e place mondiale, plan France 2030) ;
  • des infrastructures de transport particulièrement denses ;
  • des infrastructures de télécommunications performantes ;
  • un environnement administratif et réglementaire moderne et efficace (simplification administrative) ;
  • un environnement financier performant (Euronext, banques, assurances, gestionnaires d'actifs, etc.) ;
  • une fiscalité des entreprises et un coût du travail avantageux ;
  • la qualité de vie ;
  • la protection de l'environnement et la production d'énergie verte.

Les dispositifs de soutien mis en place pour faire face à la crise sanitaire et économique ont permis de préserver l'outil de production. Le redémarrage rapide de l'économie a été permis par le déploiement de France Relance. Près de 70 milliards d'euros ont été engagés avant la fin de l'année 2021.