Parcoursup : des progrès encore nécessaires sur la transparence des affectations

Depuis la réforme du lycée général et technologique de 2019, la plateforme de vœux Parcoursup est l'unique mode de choix pour les affectations dans l'enseignement supérieur. Mais, quel est l'impact du choix des spécialités sur l'acceptation des candidats ? Et, les critères de sélection sont-ils transparents ?

Jeunes assis sur un banc et consultants leurs ordinateurs portables...
Afin d'améliorer Parcoursup, le rapport recommande notamment de rappeler l'interdiction d'utiliser le classement de l'établissement d'origine comme critère de sélection et de l'anonymiser. © Pakorn - stock.adobe.com

Le 26 janvier 2022, l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche a remis une analyse des vœux et affectations dans l'enseignement supérieur des bacheliers 2021.

En se fondant sur des extractions de la base de données Parcoursup, le rapport établit des constats et propose des améliorations afin de renforcer la plateforme.

Des admissions structurées par le choix des candidats ?

Depuis la réforme du lycée mise en place en 2019, dès la classe de première, les élèves doivent choisir trois enseignements de spécialités (EDS) différentes, dont l'une est abandonnée en terminale. Les deux spécialités restantes constituent une "doublette".

 

La structure des admissions post-bac est avant tout le reflet des vœux des élèves dans Parcoursup. Les formations accueillent un grand nombre d'EDS, qui correspondent à un choix d'orientation fait en cohérence avec les enseignements recherchés.

Le taux de mentions "très bien" rapporté aux choix d'EDS montre qu'aux yeux des élèves,  certaines formations nécessitent un très bon niveau pour être envisagées (près de 40% pour la "doublette" mathématiques, physique-chimie, avec mathématiques expertes). Le niveau scolaire permet ainsi d'expliquer les choix d'orientation et de formations.

La difficulté supposée des mathématiques et les exigences des formations sélectives scientifiques ont entraîné une concentration de très bons élèves dans le profil mathématiques, physique-chimie, mathématiques expertes.

Le niveau scolaire influe donc fortement sur les classements des commissions d'examen des vœux et la procédure a un faible impact sur les caractéristiques sociales et la répartition femmes-hommes.

Un procesus de sélection rigoureux mais nécessitant plus de transparence

Le rapport souligne le travail rigoureux des formations dans la sélection des candidatures.

Toutefois, le choix des critères n'est pas clair et il n'est pas communiqué. Si l'appréciation du tronc commun de la série générale est utilisée pour les classements, les compétences apportées par les spécialités ne sont pas toujours identifiées.

Le rapport fait une série de recommandations afin d'améliorer Parcoursup, tant pour les formations que pour les ministères :

  • intégrer dans le panel de suivi des lycéens des indicateurs sur le niveau scolaire ;
  • afficher des objectifs de mixité par formation ;
  • augmenter le taux de boursiers dans les formations sélectives (propositions et admissions) ;
  • rappeler l'interdiction d'utiliser le classement de l'établissement d'origine comme critère de sélection et de l'anonymiser ;
  • renforcer l'utilisation des classements et des écarts à la moyenne à côté des notes brutes ;
  • détailler, pour les formations, les critères de sélection ;
  • valoriser les spécialités sciences de l'ingénieur et numérique et sciences informatiques ;
  • réexaminer les besoins réels en mathématiques au vu des contenus dispensés dans les formations supérieures ;
  • garantir l'équité d'accès à l'offre d'options mathématiques de terminale ; examiner la pertinence de l'organisation de la spécialité mathématiques en première.