L'internet des objets : vers de nouveaux rapports humains-machines

L'internet des objets est la mise en réseau numérique globale d'objets physiques connectés : une ampoule électrique, une montre, un thermostat, un réfrigérateur, des capteurs actionneurs sur une chaîne industrielle… Habitat, usines, villes, système de santé : les objets connectés redéfinissent nos modes de vie. Pour quels enjeux et quels impacts ?

Une personne tient dans sa main une tablette afin de vérifier ses objets connectés.
Le nombre d'objets connectés en France est évalué à 244 millions par l'Ademe et l'Arcep dans une étude de janvier 2022. Cela représente 15% de la consommation électrique des biens et services numériques. © HQuality - stock.adobe.com

France Stratégie a remis le 17 février 2022 un rapport sur le monde de l'internet des objets (IdO). Quels en sont les impacts sur la vie quotidienne et sur l'environnement ? Quels nouveaux risques peuvent survenir pour les personnes, les données et les biens ? Le rapport analyse les apports de l'IdO et propose des pistes pour agir. La croissance du nombre d'objets connectés est extrêmement rapide, et pourtant il n'en existe pas encore de définition globalement acceptée au niveau mondial.

Apports, impacts et enjeux de l'internet des objets

L'internet des objets associe :

  • des objets physiques équipés de capteurs connectés, en mesure d'interagir avec leur environnement ;
  • des réseaux de communication numérique filaires ou non filaires ; 
  • des espaces de stockage distants ;
  • des applications de traitement de données à même de rétroagir par des processus décisionnels sur des objets physiques inanimés ou vivants.

Les apports sont nombreux, le rapport en donne quelques exemples :

  • compteur intelligent d'eau, d'électricité ou de gaz ;
  • automatisation et optimisation d'usine ;
  • analyse des sols en agriculture à l'aide de capteurs et de drones ;
  • équipement connecté permettant d'informer une équipe médicale en temps réel...

Mais le développement de l'IdO est aussi porteur d'interrogations. La diversité des objets connectés, des technologies mobilisées, des acteurs impliqués est difficile à estimer. La protection des données, l'usage de l'intelligence artificielle ou la présence généralisée d'objets connectés dans les sphères publiques et privées de la vie quotidienne posent tout autant de questions. L'usage de l'IdO contribue à l'augmentation de l'empreinte carbone globale du numérique.

Le nombre d'objets connectés en France est évalué à 244 millions par l'Ademe et l'Arcep dans une étude de janvier 2022. Cela représente 15% de la consommation électrique des biens et services numériques.

Constats et recommandations

Le rapport fait cinq constats qui montrent que l'internet des objets est bien plus qu'une évolution technologique. L'IdO :

  • va transformer les rapports humains-machines. Son omniprésence et son invisibilité auront des conséquences sur la vie privée et l'organisation du travail encore difficiles à évaluer ;
  • va constituer une composante importante de l'impact environnemental du numérique ;
  • accroît les risques en matière de cybersécurité ;
  • présente des défis non seulement techniques mais aussi géopolitiques ;
  • se fonde sur un cadre de régulation déjà riche (niveaux européen et national) mais fragmenté.

Le rapport propose par ailleurs plusieurs pistes d'action, entre autres :

  • disposer d'un outil d'observation dédié ;
  • faciliter la connaissance des réglementations, normes et certifications ;
  • mieux évaluer les risques systémiques de cyberattaques spécifiques à l'IdO ;
  • encourager la coopération internationale ;
  • informer le citoyen sur la protection des données personnelles ;
  • informer explicitement les patients de l'usage de l'IdO dans des interventions médicales ;
  • informer les usagers de la présence de capteurs dans les espaces publics ;
  • expertiser les enjeux spécifiques aux lieux de travail ;
  • adapter les filières de recyclage aux objets connectés ;
  • définir un statut de données sensibles (données industrielles ou recueillies par des caméras) ;
  • analyser l'opportunité d'une loi cyberglobale.