Emploi : en 40 ans, une concentration au profit des grandes agglomérations

L'Insee a publié une étude sur l'évolution territoriale de l'emploi en France entre 1975 et 2018. La répartition est très contrastée selon les territoires. L'emploi s'est concentré dans les grandes zones, hors Île-de-France, où les emplois de fonctions métropolitaines (conception, recherche, gestion...) ont fortement augmenté.

Vue aérienne de la base d'Airbus à Toulouse (31).
Les territoires où les emplois ont le plus augmenté, appelés le "U de la croissance", s'étendent de la façade atlantique à la côte méditerranéenne et de la vallée du Rhône à l’Alsace. © Markus Mainka - stock.adobe.com

Le taux d'emploi a atteint son plus haut niveau historique comme le soulignent les chiffres de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) au quatrième trimestre 2021.

Dans ce contexte, les données de l'Insee publiées le 7 mars 2022 apportent un éclairage sur l'évolution de l'emploi en France entre 1975 et 2018. Sur cette période, l’emploi a augmenté de 25% en métropole. Mais les différences restent marquées entre les territoires les plus dynamiques en matière d'emplois et ceux moins pourvus. Sur les 287 zones d’emploi en France métropolitaine, l’emploi a diminué dans environ un quart d’entre elles et augmenté de plus de 35% dans un autre quart.

Des inégalités territoriales

Les territoires où les emplois ont le plus augmenté, appelés le "U de la croissance", s'étendent de la façade atlantique à la côte méditerranéenne et de la vallée du Rhône à l’Alsace. Cet espace, qui regroupe 40,9% des emplois en 2018, comprend :

  • 11 zones d’emploi (sur 18) de plus de 200 000 emplois : Rennes, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Marseille, Toulon, Nice, Grenoble, Lyon et Strasbourg ;
  • près de la moitié des zones de taille intermédiaire (entre 50 000 et 200 000 emplois).

Des Ardennes au Massif Central, ensemble désigné la "diagonale des faibles densités", les emplois de production ont en revanche baissé entre 1975 et 2018, selon l'Insee. Dans les zones de Roubaix-Tourcoing, Remiremont, Flers, Carhaix-Plouguer, par exemple, l’emploi a diminué de 0,6% par an en moyenne.

L'étude souligne que l'emploi en Ile-de-France n'a pas plus progressé que dans les autres régions (il est stabilisé autour de 22%).

Des fonctions métropolitaines en hausse

Essor du secteur tertiaire et des nouvelles technologies de l’information et de la communication et diminution des emplois industriels et agricoles caractérisent ces 40 années, souligne l'Insee. L'emploi a connu de profondes mutations. Les plus grandes zones d'emploi ont bénéficié des changements de type d'emplois. L'envol des fonctions métropolitaines (conception et recherche, gestion, commerce inter-entreprises, prestations intellectuelles, culture et loisirs par exemple) a permis la création de postes (26,9% des emplois en 2018).

Dans la même période, les emplois liés à la production (industrie et artisanat, BTP, agriculture) ont baissé de moitié (de 34% des emplois en 1982 à 16,9% en 2018). Cette évolution a conduit à une chute de l'emploi dans les régions comme le Nord-Pas-de-Calais.