Citoyenneté : des pistes pour faciliter l’engagement démocratique des jeunes

Publiés en mars 2022, un avis du Cese et un rapport parlementaire s’intéressent à la façon dont les jeunes s’approprient leur citoyenneté. Entre défiance à l’égard du monde politique et intérêt pour la vie publique, les jeunes générations ne sont ni moins engagées ni moins intéressées par la politique que leurs aînées estime le Cese.

Jeune avec carte électorale en poche.
L'abstention importante aux dernières élections de juin 2021 questionne la capacité du système démocratique français à s’adapter aux évolutions générationnelles. © laurencesoulez - stock.adobe.com

Pétitions en ligne, manifestations, diffusion de contenus en ligne... Malgré une forte abstention chez les 18-24 ans lors des dernières élections de juin 2021, l'engagement des jeunes se manifeste par d'autres voies.

C'est ce que souligne notamment un avis du Conseil économique, social et environnemental (Cese) du 9 mars 2022 consacré à l’engagement et à la participation démocratique des jeunes alors qu'un rapport parlementaire du 8 mars 2022 examine les effets des politiques publiques en faveur de la citoyenneté.

 

Une jeunesse en demande d’engagements

La situation sociale est une préoccupation majeure des jeunes et leurs problèmes d'insertion professionnelle provoquent parfois un sentiment de déclassement dont les effets sont négatifs sur leur vision de la citoyenneté. Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), 19% des jeunes de 20 à 24 ans ne sont ni en emploi ni en formation (Neet).

Selon le Cese, l'abstention importante des jeunes aux élections questionne la capacité du système démocratique français à s’adapter aux évolutions générationnelles. Cette abstention s’explique par une offre politique qui, globalement, ne répond pas aux attentes des jeunes. Toutefois, l’abstention ne reflète pas leur dépolitisation. Les jeunes citoyens s'intéressent particulièrement à des sujets comme le climat, les problèmes de discriminations ou le mouvement "Metoo".

Pour sa part, le rapport parlementaire revient sur les carences de l'enseignement de la citoyenneté. Si ces enseignements se sont beaucoup développés, ils n’en demeurent pas moins lacunaires. Ainsi, l’enseignement moral et civique (EMC) apparaît comme trop théorique et assez rarement un espace de débats. D’autre part, l’enseignement de la citoyenneté à l’école n’est plus réservé aux professeurs d’histoire-géographie et demande un effort de formation de l’ensemble des enseignants. 24,1% seulement des enseignants français se disent "bien ou très bien préparés" à l’enseignement de compétences transversales. Parmi les autres points abordés, les parlementaires constatent que le service civique est globalement un succès même si sa dimension civique est limitée. En revanche, le Service national universel (SNU) emporte l’adhésion des premiers volontaires. 90% des volontaires qui ont effectué leur séjour de cohésion adhéraient au projet en 2019.

Des pistes pour améliorer l’apprentissage de la citoyenneté

Face à ces constats, le Cese recommande :

  • d’ouvrir le droit de vote à 16 ans ;
  • de réformer l’enseignement de l’EMC ;
  • d’instaurer des visites obligatoires d’institutions républicaines dans le parcours de formation (temps scolaire, périscolaire, extrascolaire) ;
  • de favoriser la présence des organisations de la société civile travaillant sur le lien social et l’éducation populaire pour recréer du lien entre les générations et entre les jeunes et la politique.

De leur côté, les parlementaires proposent :

  • d’introduire une semaine de la citoyenneté, y compris européenne à chaque niveau du collège ;
  • de faciliter la possibilité pour les élèves de participer aux conseils de jeunes des collectivités territoriales
  • de renforcer la participation des élus à l’enseignement moral et civique au sein des établissements scolaires ;
  • de mieux valoriser dans Parcoursup les engagements associatifs des candidats.