Stéréotypes : quelle perception les jeunes ont-ils de l'égalité femmes-hommes ?

Le dernier rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) montre que les jeunes ont une conscience plus aigüe des inégalités de genre que leurs aînés, mais que nombre d’entre eux continuent malgré tout à les subir et à les reproduire inconsciemment.

Table et fer à repasser.
Selon le HCEfh, le partage des tâches domestiques reste déséquilibré. © New Africa - stock.adobe.com

Ce rapport portant sur les perceptions et vécus de l’égalité chez les jeunes générations en 2022 est issu d'une mission confiée au HCEfh en 2020 par le gouvernement pour analyser la manière dont les jeunes, en particulier les 17-19 ans, ont vécu le confinement en termes de répartition des rôles entre les femmes et les hommes et comment ils envisagent l’avenir.

Une jeune génération consciente des inégalités femmes-hommes

Grâce à une sensibilisation accrue ces dernières années, les 17-19 ans ont davantage conscience des inégalités liées au genre que les générations qui les ont précédés. Ainsi, 74% des filles et 54% des garçons interrogés pensent qu’il y a encore beaucoup à faire pour atteindre une égalité réelle.

Les jeunes, notamment les femmes, se montrent particulièrement engagés sur les questions d’égalité à travers les réseaux sociaux. Ces plateformes sont à la fois une source d’information et des lieux d’écoute, de soutien et de revendications. Leur engagement couvre de nombreux sujets (harcèlement de rue, cybersexisme, violences sexuelles, diktats esthétiques...).

Selon le rapport, cette plus grande sensibilité aux inégalités proviendrait :

  • d’une part, de la sphère familiale : la plupart des jeunes vivent dans des foyers qui comptent deux parents actifs ou une famille monoparentale dont l’autorité parentale est active ;
  • d’autre part, de l’environnement politique dans lequel ils ont grandi, marqué par le mouvement "MeToo" contre les violences sexuelles ou encore les débats sur la Procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes.

Dans la sphère privée, 93% des filles et 87% des garçons interrogés affirment que la charge domestique devrait être répartie à parts égales dans un couple. Une enquête menée par le HCEfh pendant le confinement montre pourtant que le partage des tâches domestiques reste déséquilibré. Les principales raisons invoquées par les jeunes pour l'expliquer sont la paresse, le fait de ne pas savoir faire ou encore le fait que les femmes de la maison considèrent que ce n’est pas assez bien fait par les hommes.

Des inégalités qui persistent

Les jeunes continuent d'évoluer dans des environnements stéréotypés et les reproduisent inconsciemment. C’est le cas dans le milieu du sport : des infrastructures inadaptées, comme le manque de vestiaires féminins dans les clubs, tendent à encourager une pratique sportive plutôt masculine. Le rapport pointe aussi l’inégal partage des espaces de loisirs à la faveur des garçons.

Dans le milieu scolaire, les jeunes sont confrontés à des représentations genrées dans les manuels scolaires. De même, les supports pédagogiques mettent en valeur les travaux des hommes : seuls 9,8% des textes présentés sont rédigés par des femmes. Cela se traduit par une répartition sexuée des orientations professionnelles au lycée.

En outre, les jeunes de 17-19 ans sont confrontés à différentes formes de violences sexistes et sexuelles (harcèlement de rue, harcèlement sur internet, pornodivulgation). Pour mieux sensibiliser et prévenir ces violences, le HCEfh préconise d’inscrire clairement l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle dans les objectifs de l’enseignement obligatoire.