Stratégie 2021-2030 contre les cancers : quelles avancées en 2021 ?

La stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030 a été lancée en février 2021. Une feuille de route nationale précise les actions pour la période 2021-2025. Les objectifs sont déclinés dans chaque région selon ses spécificités. Quel bilan tirer de la première année de mise en œuvre ?

Une dermatologue contrôle les grains de beauté d'un jeune homme.
Le document préconise de renouveler et d'amplifier les actions de prévention ainsi que simplifier l’accès au dépistage. © Evgeniy Kalinovskiy - stock.adobe.com

Un rapport publié par l’Institut national du cancer (INCa) en février 2022 dresse un premier bilan du déploiement de la stratégie de lutte contre les cancers 2021-2030 qui compte 234 actions. Il détaille les 76 actions déjà entreprises à l’échelle nationale et locale, suivant les quatre axes de la stratégie pour :

  • améliorer la prévention ;
  • limiter les séquelles et améliorer la qualité de vie ;
  • lutter contre les cancers de mauvais diagnostic ;
  • s'assurer que les progrès bénéficient à tous.

Rôle de la prévention

Cette stratégie décennale prévoit de :

  • réduire de 60 000 par an le nombre de cancers évitables à l’horizon 2040 ;
  • réaliser un million de dépistages supplémentaires d’ici 2025.

Pour atteindre ces objectifs, le document préconise de renouveler et d'amplifier les actions de prévention ainsi que simplifier l’accès au dépistage. En 2021, l’INCa a contribué à :

  • fournir une information fiable sur le cancer (mise en ligne d’un dispositif de lutte contre les fake news…) ;
  • renforcer la recherche en prévention pour mieux identifier les facteurs de risque et les facteurs protecteurs ;
  • sensibiliser aux comportements à risque dès le plus jeune âge (accompagnement des jeunes au sevrage tabagique, notamment) ;
  • intensifier la lutte contre le tabac (premier facteur de risque de cancer) et l’alcool (responsable de 16 000 décès par cancer chaque année) ;
  • promouvoir l’activité physique et une alimentation saine (extension du Nutri-Score) ;
  • mieux informer le public sur les facteurs de risque environnementaux et les moyens de s’en protéger.

L’INCa expérimente aussi l’envoi postal direct à domicile du kit de dépistage du cancer colorectal.

Amélioration de la qualité de vie et du pronostic de survie

En matière d'amélioration de la qualité de vie, l’INCa a :

  • favorisé la recherche sur les séquelles (de la maladie ou des traitements) et leurs effets ;
  • informé sur les prédispositions génétiques au cancer ;
  • structuré les soins de support qui visent à pallier les effets secondaires des traitements et à atténuer les séquelles. Le forfait "parcours global post-traitement aigu du cancer" facilite l’accès des patients en rémission à ces soins ;
  • agi en faveur du maintien dans l’emploi, de la poursuite d’études et de l’accès à l’emprunt des patients.

Afin de lutter contre les cancers de mauvais pronostic, l’INCa a aussi contribué, en 2021, à :

  • stimuler la recherche sur ces cancers pour optimiser le taux de survie ;
  • augmenter l’offre d’imagerie médicale et de médecine nucléaire dans toute la France ;
  • fluidifier le parcours de soins et réduire les délais.

Des progrès pour tous

Enfin, l’INCa :

  • encourage l’innovation, en particulier sur les cancers pédiatriques (le cancer touche près de 2 550 enfants, adolescents et jeunes adultes chaque année) ;
  • accroît l’offre d’hébergements temporaires non médicalisés pour les familles ;
  • s’efforce de réduire les inégalités de santé ;
  • mène des actions adaptées à l’outre-mer (promotion des dépistages, étude du lien entre exposition à la chlordécone et cancer de la prostate) ;
  • garantit la continuité des soins oncologiques, même pendant une crise sanitaire.