Le moral des jeunes fortement affecté par la crise sanitaire

Les résultats du dernier baromètre du Crédoc sur la jeunesse confirment l’impact important de la pandémie sur le moral des jeunes. En 2021, les 18-30 ans ont plus de mal à se projeter dans l'avenir et souffrent de solitude et d'un manque de contact avec leurs amis et leurs proches.

Jeune femme seule, assise à Montmartre (Paris)
© Nicolas Dieppedalle / Stock-adobe.com

Le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) a publié son baromètre 2021 sur la jeunesse. Cette étude est réalisée chaque année depuis 2016 à la demande du ministère de l'éducation nationale et pilotée par l’Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (INJEP).

L'édition 2021 met en lumière les difficultés vécues par la jeunesse pendant la crise sanitaire et porte sur :

  • les aspirations et l’état d’esprit des jeunes ;
  • leurs projets d’avenir et leur situation sur le marché du travail ;
  • leur accès aux droits sociaux ;
  • leur mobilité internationale ;
  • leurs parcours résidentiels au cours de cette deuxième année de pandémie.

Une crise sanitaire qui pèse sur le moral des jeunes

La crise sanitaire et ses conséquences économiques ont conduit à une dégradation de la vie des jeunes, notamment des plus précaires. Habitant souvent seuls dans de petits logements, le vécu du confinement a eu un impact négatif sur le moral des 18-30 ans.

En 2020, avant la crise sanitaire, 53% des jeunes déclaraient un état d’esprit positif. Ils ne sont plus que 46% en 2021 et presque autant (45%) à déclarer un état d'esprit négatif. Cet état d'esprit négatif progresse particulièrement chez les femmes (56%, contre 33% chez les hommes).

Parmi les jeunes à l’état d’esprit négatif, le sentiment d’être découragé ou d’éprouver de l’incertitude à l’égard de l'avenir s’amplifie et passe de 13% à 26%. L'évolution du marché du travail, après plus d’un an de crise, inquiète les jeunes et leurs attentes en matière d’emploi sont particulièrement fortes. Ainsi, 61% des 18-30 ans pensent que le chômage va s'accentuer (42% en 2020) et 29% aimeraient que les pouvoirs publics les aident à trouver un emploi (21% en 2020).

Ce manque de confiance en l'avenir se traduit par une plus grande difficulté à se projeter à long terme et à entamer des projets. 

Sentiment de solitude et manque de contact

Au total, 42% des 18-30 ans estiment que les difficultés qu’ils ont pu rencontrer en 2021 sont liées à la crise sanitaire. Les jeunes mettent en avant les difficultés d’ordre psychologique, devant les difficultés socio-économiques (perte d'argent ou de logement).

Les personnes interrogées évoquent principalement l'isolement et le manque de sociabilité dus aux mesures de distanciation sociale. 63% des 18-30 ans souffrent d'un manque de contact avec leurs amis et leurs connaissances, 50% avec les membres de leur famille, 40% avec leurs camarades d’études ou leurs collègues de travail et 22% avec leurs voisins.

Plus de la moitié des jeunes déclarent sortir moins souvent de leur domicile qu’avant la pandémie et 41% ressentent un sentiment fréquent de solitude. Ce phénomène touche plus souvent les femmes, les jeunes parents ainsi que les jeunes célibataires. 

En 2021, les 18-30 ans se disent également moins satisfaits de leur vie personnelle, même si ce sentiment reste élevé (59%, contre 64% en 2020). Il s'agit toutefois du niveau le plus bas enregistré depuis la création du baromètre en 2016.