Habitat social : de fortes évolutions en dix ans

Une comparaison sur l'occupation des logements sociaux entre 2009 et 2020 permet d'observer les évolutions dans ce secteur. Le travail réalisé à l'initiative de la Fédération des Offices publics de l'habitat met en lumière de nouveaux besoins correspondant à des mutations économiques et sociologiques.

Vue sur un immeuble de logement social.
Le taux d’accueil dans les OPH de la catégorie de population la plus précaire progresse fortement (31,2% chez les nouveaux locataires, contre 22,9% en 2009). © YY apartment - stock.adobe.com

Publiée en avril 2022, cette étude sur l'occupation du parc social se fonde sur les données de peuplement du parc de logement social par commune à dix ans d'intervalle.

Un parc qui s'adresse davantage aux plus précaires

Au total, 2 046 097 logements sont répertoriés. Une grande majorité sont des logements familiaux (13,4% de logements individuels). Ils accueillent 4 961 703 habitants.

Le parc des Offices publics de l'habitat (OPH) est largement réparti sur tout le territoire. Plus d’un tiers a été construit avant les années 1970.

L'étude constate une forte distorsion entre le niveau des loyers pratiqués par les OPH et celui du parc privé (moins 66% en Île-de-France par exemple).

Le taux d’accueil dans les OPH de la catégorie de population la plus précaire progresse fortement (31,2% chez les nouveaux locataires, contre 22,9% en 2009).

Sur les dix années, les statistiques révèlent de fortes modifications dans les profils des personnes logées en OPH :

  • de plus en plus de personnes seules dont l'âge moyen est en progression (la part des plus de 65 ans a augmenté de trois points) ;
  • une majorité de personnes majeures sans emploi (les jeunes restent plus longtemps chez leurs parents) ;
  • une proportion grandissante de familles monoparentales (28,1% chez les ménages ayant récemment emménagé, contre 19,4% en 2009).

Ces constats sont amplifiés dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), même si les populations sont en moyenne plus jeunes dans ces secteurs.

Pour nombre de familles, le coût du logement représente 50% des ressources disponibles. Après prise en compte des aides au logement (APL) ce coût baisse de 13%. À ce titre, l’étude rappelle le rôle d’amortisseur social de l’OPH.

L’offre en logement social reste cependant très inférieure à la demande, notamment en zone tendue et pour les petites surfaces (une ou deux pièces).

Une adaptation nécessaire

Face à ces évolutions constatées sur dix ans, l'étude présente une série de recommandations afin d'être plus en adéquation avec les spécificités territoriales et les nouveaux besoins. Parmi ces recommandations, il s'agirait notamment de :

  • construire massivement une offre à bas prix pour pallier la pénurie de logements accessibles ;
  • orienter cette offre vers les petits logements ;
  • mettre en œuvre une politique fiscale pour minorer le coût d’accès au foncier (taxe sur la valeur ajoutée réduite, subventions de l’État…) ;
  • en zone détendue – où la demande est moins forte –, moderniser les parcs de logements, les adapter aux nouveaux besoins (logements familiaux, résidences pour personnes âgées…) et mettre en place des critères d’accès différenciés des zones franciliennes.