UE : un plan pour réduire la dépendance aux énergies fossiles russes et accélérer la transition écologique

Énergies renouvelables, sobriété et efficacité énergétiques, diversification des approvisionnements en pétrole et en gaz... La Commission européenne a présenté le plan "REPowerEU" pour rendre les pays de l'Union européenne (UE) moins dépendants des énergies fossiles russes.

Système de pipeline dans une raffinerie de pétrole brut.
Pour le pétrole brut, la Russie a été le principal fournisseur des achats de l'UE (27%), suivie de la Norvège (8%), du Kazakhstan (8%) et des États-Unis (8%). © Tomas - stock.adobe.com

Garantir à la fois son indépendance énergétique et sa neutralité climatique : telle est l’ambition du plan REPowerEU. Présenté par la Commission européenne le 18 mai 2022, le plan repose sur trois axes :

  • développer un système énergétique intégré fondé sur les énergies renouvelables ;
  • renforcer les mesures d’efficacité énergétique en relevant l’objectif du dispositif "Paré pour 55" (Fit for 55) ;
  • diversifier les sources d'approvisionnement en gaz grâce à une augmentation des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) et des importations par gazoduc provenant de fournisseurs non russes.

Réduire "rapidement" la dépendance aux combustibles fossiles russes

Il y a une double urgence à transformer le système énergétique européen selon la Commission :

  • mettre fin à la dépendance de l'UE à l'égard des combustibles fossiles russes, "qui coûtent aux contribuables européens près de 100 milliards d'euros par an" ;
  • lutter contre la crise climatique.

Dans le secteur du gaz, en 2021, la Russie a été à l'origine d'environ 45% de la consommation totale de gaz importé par l'UE. Les autres fournisseurs de gaz étaient la Norvège (23%), l'Algérie (12%), les États-Unis (6%) et le Qatar (5%).

Pour le pétrole brut, la Russie a été le principal fournisseur des achats de l'UE (27%), suivie de la Norvège (8%), du Kazakhstan (8%) et des États-Unis (8%).

Dans le secteur de la houille, la Russie s'est positionnée comme le premier fournisseur (46%) avant les États-Unis (15%) et l'Australie (13%).

La Commission a donc proposé des mesures à court terme dont :

  • les achats communs de gaz, de GNL et d’hydrogène par l’intermédiaire de la plateforme énergétique de l’UE pour les États membres qui le souhaitent ainsi que pour l’Ukraine, la Moldavie, la Géorgie et les Balkans occidentaux ;
  • le déploiement rapide de projets photovoltaïques et éoliens ;
  • l'augmentation de la production de biométhane ;
  • le remplissage des installations de stockage de gaz jusqu’à 80% de
    leur capacité d’ici au 1er novembre 2022.

Des mesures d'ici à 2030

La Commission européenne a détaillé la manière de s’affranchir des importations russes "bien avant 2030", grâce à de nouveaux investissements - notamment dans le secteur des énergies renouvelables. Au total, ce sont quelque 300 milliards d’euros qui devraient être mis à disposition.

Le plan REPowerEU propose en particulier de faire passer l'objectif climatique pour les énergies renouvelables de 40% à 45% d'ici à 2030.

Parmi les objectifs, le plan REPowerEU évoque l'ambition de produire 20 millions de tonnes d’hydrogène vert supplémentaires d’ici à 2030. Le plan a détaillé aussi l'initiative "Accélérateur Hydrogène" pour porter la capacité de fabrication d’électrolyseurs à 17,5 GW (giga-watts) d’ici à  2025 afin d’alimenter l’industrie de l’UE avec une production interne de 10 millions de tonnes d’hydrogène renouvelable.