Cités éducatives : enjeux, obstacles, bilan depuis 2019

Les cités éducatives ont été mises en place en 2019 dans certains quartiers prioritaires de la politique de la ville. Elles reposent sur le renforcement d'une communauté éducative comprenant les professionnels de l'éducation et de l'enseignement. Quel est le bilan des premières années ?

Un enfant dessinant au sol et à la craie un arc-en-ciel.
La notion de continuité éducative est au cœur du programme. Elle vise à faciliter la continuité des parcours éducatifs sur un temps long et à articuler les espace-temps de l'enfant et des acteurs éducatifs à un instant t. © Yanadjan - stock.adobe.com

Au nombre de 200 en 2022, les cités éducatives englobent 1 million de jeunes de 0 à 25 ans, 323 collèges et 600 écoles. Elles sont destinées à renforcer les prises en charge éducatives du plus jeune âge jusqu'à l'insertion professionnelle.

L'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (Injep) a publié une note le 12 mai 2022 qui fait le bilan sur les premières années. L'Injep a mené une évaluation qui porte sur les 80 premières cités.

Continuité éducative, orientation-insertion, place des familles

La notion de continuité éducative est au cœur du programme. Elle vise à :

  • faciliter la continuité des parcours éducatifs sur un temps long (ou continuité diachronique). Elle consiste à éviter les ruptures scolaires, faciliter les passages d'un cycle à l'autre ;
  • articuler les espace-temps de l'enfant et des acteurs éducatifs à un instant donné (continuité synchronique).

Près de 12% des actions énumérées dans les programmations d'action 2021 relèvent du thème orientation-insertion. L'orientation (ambition scolaire, découverte de métiers) est l'objet de développements parfois au détriment de l'insertion et surtout de la formation. La lutte contre le décrochage scolaire et le public "décrocheur" ne font pas forcément l'objets d'actions. Les jeunes âgés de 11 à 15 ans en sont les destinataires privilégiés.

Un consensus se dessine sur la place plus importante à accorder aux parents et aux familles. Il n'est pas fondé sur un partage de besoins ou de problématiques identifiés. Les partenariats sont surtout portés par les communes et le milieu associatif.

Appropriation des enjeux et renforcement des partenariats existants

La note de l'Injep souligne une absence de vision homogène du programme. Dans une grande part des cités, le manque de perspectives à long terme et de moyens humains limite le programme au rôle de levier financier.

Les acteurs ne s'accordent pas toujours sur les publics à cibler, les actions à développer ou les objectifs à poursuivre.

Le manque de cohérence des actions développées par une partie des cités éducatives pose la question de l'appropriation de la philosophie du programme.

La tendance est au renforcement des partenariats préexistants plutôt qu'à l'émergence de nouveaux acteurs. Les collectivités sont bien représentées dans les actions. Parents et associations sont moins impliqués.

Le rapprochement entre l'Éducation nationale (surtout les collèges) et le secteur associatif est un apport réel mais à renforcer.