Insertion professionnelle des jeunes : un niveau de diplôme de plus en plus déterminant

Une enquête menée auprès de jeunes sortis d’études supérieures ou du cycle secondaire en 2017 montre une évolution positive du taux d’insertion professionnelle par rapport à la génération 2010. Une des raisons avancées est l'augmentation du nombre de bacheliers et de diplômés de cycles d'études supérieures.

Vue plongeante sur un amphithéâtre avec de nombreux étudiants.
La hausse du nombre de bacheliers et de diplômés constatée est portée par une hausse du nombre de bac+3 (+6 points). Le nombre de non-diplômés est en recul (-4 points). © flickr

"Jusqu’au premier confinement lié à la crise sanitaire, la génération 2017 était globalement mieux insérée que celle de 2010, du fait d’un taux de diplômés plus important mais aussi d’un contexte économique plus favorable". C’est le constat général réalisé par le Centre d’études et de recherche sur les qualifications (Céreq) dans son étude remise le 10 mai 2022.

Seuls 12% des non-diplômés accèdent à un emploi pérenne

L’enquête du Céreq a été réalisée en 2020-2021 en interrogeant 25 000 des 746 000 "primo-sortants de formation initiale durant l’année scolaire 2016-2017, des sorties de l’enseignement secondaire aux sorties de l’enseignement supérieur avec doctorat".

La hausse globale du nombre de bacheliers et de diplômés constatée dans l’enquête est notamment portée par une hausse du nombre de bac+3 (+6 points).

Le nombre de non-diplômés est en recul (-4 points), comme le nombre de CAP et BEP au profit de bacheliers professionnels.

Le niveau d’études conditionne de plus en plus l’accès à un emploi pérenne, obtenu généralement entre 2 et 18 mois après la sortie d’étude. Le taux de non-diplômés dans ces emplois est faible (12%).

La formation en alternance est identifiée comme un facteur d’insertion : 43% des jeunes qui en ont bénéficié ont trouvé un emploi durable.

Les femmes sont majoritaires parmi les diplômés du supérieur bien que moins nombreuses que les hommes dans les filières scientifiques et techniques.

Le marquage social est toujours important : une majorité des diplômés du supérieur sont enfants de cadres (57%) tandis que seuls 8% sont enfants d’ouvriers.

Le secteur des emplois courts fragilisé

L’enquête du Céreq synthétise les différents parcours des jeunes vers l’emploi en neuf parcours types regroupés dans trois grandes catégories :

  • les parcours d’inclusion dans l’emploi qui concernent 64% des jeunes ;
  • les parcours "en suspens" pour 20% des jeunes (reprise de formation, retard dans l’emploi dû à la réalisation d’un service civique, sortie d’emploi…) ;
  • les parcours d’exclusion de l’emploi – 16% des jeunes – qui concerne pour moitié des non-diplômés et très peu de diplômés du supérieur long (5%).

Si les emplois pérennes sont "monopolisés" par les plus diplômés, on retrouve tous les niveaux de formation parmi les 19% de jeunes qui occupent des emplois temporaires ou courts (CDD, missions intérim, emplois aidés).

Le confinement de 2020 lié à la crise sanitaire a diversement touché l’accès au travail pour les jeunes. Les emplois courts ont été fortement fragilisés (baisse de 3,6 points du taux d’emploi) tandis que les emplois pérennes occupés par les jeunes plus diplômés ont été mieux préservés.