La balance des revenus : un excédent solide qui se confirme en 2021

11 milliards d'euros : c'est l'excédent que la France a réalisé sur sa balance des revenus en 2021. La balance des flux financiers français structurellement en excédent, se distingue de celle de la zone euro qui, elle, est déficitaire.

Illustration représentant un stylo, pointant des piles d'infographies comptables, entouré de pièces de monnaie.
L'excédent global de 11 milliards d'euros permet d'effacer environ un tiers du déficit commercial de biens et services. © Blue Planet Studio - stock.adobe.com

On la sait chroniquement déficitaire : la balance commerciale. Mais, elle a un complément, la balance des revenus, c'est-à-dire les flux financiers avec l'étranger, qui est solidement excédentaire en France.

En 2021, elle affiche un excédent de onze milliards d'euros, selon la note Trésor-Eco de la Direction générale du Trésor (DGT) de juin 2022.

L'excédent financier efface une partie du déficit commercial

La France est, avec l'Allemagne, un des rares pays de la zone euro dont la balance des revenus présente un excédent. La détérioration due à la crise sanitaire en 2020 était passagère.

L'excédent global de onze milliards d'euros résulte de l'excédent de 51 milliards d'euros des revenus primaires et du déficit de 40 milliards d'euros des revenus secondaires. Il permet d'effacer environ un tiers du déficit commercial de biens et services, selon la note de la DGT.

Qu'est-ce que la balance des revenus ?

La balance des revenus est une composante de la balance courante, l'autre étant la balance commerciale des biens et services. On parle plus de cette dernière, car son volume est quatre fois supérieur à celui de la balance des revenus et elle paraît moins complexe.

La balance des revenus est composée de la balance des revenus primaires (flux correspondant à la rémunération des facteurs de production) dont notamment :

  • les rémunérations des salariés (personnes résidant en France, mais travaillant à étranger) ;
  • les revenus des investissements (revenus générés par les investissements dans des entreprises étrangères) qui se décomposent en trois revenus : investissements directs, investissements de portefeuille et autres investissements,

et de la balance des revenus secondaires (les transferts non liés aux moyens de production), systématiquement déficitaire, dont notamment :

  • les revenus des administrations publiques (par exemple la contribution française au budget de l'Union européenne ou des paiements de sécurité sociale à l'étranger) ;
  • les envois de fonds des travailleurs (notamment ceux des migrants, principalement vers le Maroc, devant l'Algérie et le Portugal).

Excédent structurel français, déficit structurel de la zone euro

La France se distingue de la zone euro qui, elle, a une balance des revenus déficitaire depuis plus de dix ans du fait des déficits  italien, espagnol et néerlandais. Cette particularité tient notamment à son excédent des revenus d'investissements directs et de la balance des rémunérations de salariés.

Avec près de 472 000 personnes, la France compte le plus de travailleurs frontaliers en Europe (dont environ la moitié en Suisse et un peu plus de 20% au Luxembourg). L'Allemagne, quant à elle, tire son excédent de celui des revenus d'investissements de portefeuille, là où la France enregistre un déficit constant (-11 milliards d'euros en 2021). Il peut s'expliquer notamment par les investissements étrangers dans le capital d'entreprises françaises (les investissements de portefeuille entrants), la France étant le premier pays continental en termes de capitalisation boursière.

Si la France tire d'importants revenus de ses investissements directs à l'étranger (34 milliards d'euros en 2021), elle continue à faire progresser son stock d'investissements, constitué notamment entre 2000 et 2010.

Mais, comme le note la DGT, il est également possible que des entreprises multinationales soient "incitées à déclarer une partie de leurs profits dans les juridictions dont la fiscalité est plus avantageuse qu'en France".