Métro : une qualité de l’air à améliorer

Les enceintes ferroviaires souterraines regroupent des stations, des gares, des couloirs, des rames et des locaux commerciaux du métro. La qualité de l’air dans ces enceintes fermées est l’objet de mesures depuis les années 2000. Or, ces mesures mettent en évidence une pollution aux particules en suspension qui pose des questions de santé publique.

Une station de la ligne 6 du métro parisien.
Les concentrations en particules fines dans l’air des enceintes ferroviaires souterraines sont en moyenne trois fois plus fortes que celles de l’air extérieur urbain. © La Rédaction

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié, le 8 juin 2022, un rapport sur la qualité de l’air des enceintes ferroviaires souterraines. Ce rapport souligne la nécessité de réduire les concentrations en particules afin de limiter l’exposition des usagers et des travailleurs.

Des concentrations élevées en particules

Les principales enceintes ferroviaires souterraines françaises se situent dans le métro et le RER de six agglomérations urbaines : Paris et sa banlieue, Marseille, Lyon, Lille, Toulouse et Rennes. Rouen dispose également d’un petit réseau de tramway en partie souterrain.

La fréquentation des enceintes ferroviaires souterraines ne cesse d’augmenter. Le réseau transilien, l’un des plus fréquentés au monde, transporte près de 5 millions de voyageurs par jour. Il devrait compter après 2030, dans le cadre du projet du Grand Paris, 68 stations et 200 kilomètres de lignes supplémentaires, essentiellement en souterrain.

Les concentrations en particules fines (PM10 et PM2,5) dans l’air des enceintes ferroviaires souterraines sont en moyenne trois fois plus fortes que celles de l’air extérieur urbain et dépassent les seuils fixés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’air des enceintes ferroviaires souterraines contient davantage d’éléments métalliques (du fer notamment) et de carbone et, parfois, d’autres polluants chimiques, à des concentrations supérieures à celles de l’air urbain (hydrocarbures aromatiques…).

Cette pollution est surtout causée par :

  • l’usure des matériaux due au freinage des rames et aux contacts entre le matériel roulant et la voie ferrée ;
  • la remise en suspension des poussières au passage des rames.

Des risques sanitaires

L'Anses soulignait déjà en 2015 les effets toxiques sur la santé des particules présentes dans l’air des enceintes ferroviaires souterraines. Depuis, elle a engagé de nouvelles études pour approfondir les connaissances en la matière. Les résultats disponibles ne permettent de connaître que les impacts à court terme de cette pollution. Ils suggèrent la possibilité d’effets cardio-respiratoires, particulièrement chez les personnes sensibles (asthmatiques…).

Comment améliorer la qualité de l’air ?

L’Anses confirme la nécessité de réduire le plus possible cette pollution et recommande de :

  • développer les mesures de la qualité de l’air dans tous ces espaces souterrains ;
  • poursuivre les actions de prévention. L’Agence appelle notamment à renouveler les matériels roulants, à utiliser des systèmes de freinage moins émissifs en particules et à améliorer la ventilation de ces enceintes ;
  • surveiller la pollution de l’air afin d’évaluer l’efficacité des mesures préventives et de les adapter. L'Agence encourage les exploitants à renforcer les dispositifs de surveillance compte tenu de l’augmentation attendue du trafic passager. Elle propose aussi de nouveaux indicateurs permettant de mieux surveiller la qualité de l’air et de définir, pour chaque réseau, des concentrations en particules à ne pas dépasser. Selon le rapport, ces concentrations devraient respecter les normes plus strictes édictées par la directive européenne de 2008 sur la qualité de l’air et les lignes directrices de l’OMS.