Guerres : le Haut Conseil à l'égalité appelle à défendre les droits des femmes

Dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine notamment, le Haut Conseil à l'égalité encourage la France, ainsi que l'ensemble des dirigeants mondiaux, à prendre des mesures pour défendre les droits des femmes dans les zones de conflits. Il juge également essentiel de leur donner la possibilité de participer aux processus de paix.

Une mère et sa fille devant les ruines de leur maison.
Le HCE propose de qualifier de crime contre l'humanité la négation massive des droits des femmes dans les zones de conflits. © Marko - stock.adobe.com

Dans les zones de crise, comme en Ukraine ou en Afghanistan, les droits des femmes sont les premiers bafoués. Celles-ci sont exposées à toutes sortes de violences (trafic, exploitation, viols et violences sexuelles, recours forcé à la prostitution, mariages précoces...) et ont un accès limité aux services de soins et de santé.

A l'occasion du sommet de l'OTAN à Madrid les 29 et 30 juin 2022, le Haut Conseil à l'égalité a publié une série de recommandations pour une meilleure prise en compte de la situation des femmes dans ces conflits .

Déployer une politique étrangère féministe

Le Haut Conseil à l'égalité estime qu'il est urgent de "déployer pleinement une politique étrangère féministe" et appelle les dirigeants mondiaux à se saisir de cette question. Parmi ses recommandations, le HCE propose de : 

  • qualifier de crime contre l'humanité la négation massive des droits des femmes ; 
  • intégrer systématiquement les violences sexuelles dans les actes d'accusation des enquêtes internationales. Depuis sa création, la Cour pénale internationale n'a prononcé qu'une seule condamnation sur ce fondement en juillet 2019 ;
  • inclure la prévention des abus sexuels dans les opérations humanitaires (accès aux services de santé sexuelle et reproductive, prise en charge médicale du viol et avortement...) ;
  • ne pas reconnaître le régime taliban instauré en Afghanistan tant que les libertés des femmes ne seront pas rétablies.

Le HCE demande à la France de réaffirmer son engagement en faveur d'une "diplomatie féministe". Ce concept récent, introduit par la Suède en 2014, consiste à adopter une approche intégrée de l’égalité femmes-hommes dans tous les domaines de la politique étrangère (militaire, économique, humanitaire...).

La stratégie internationale pour l’égalité entre les femmes et les hommes (2018-2022) fait partie des engagements pris par la France pour une diplomatie féministe. Un troisième plan national (2021-2025) a également été adopté pour la mise en œuvre des résolutions "Femmes, paix et sécurité" du Conseil de sécurité des Nations unies. Il engage notamment la France à protéger les femmes contre les violences sexuelles dans les conflits et à lutter contre l’impunité.

Renforcer la participation des femmes aux négociations de paix

Selon le Haut Conseil à l'égalité, les femmes restent encore peu associées aux négociations et aux prises de décision concernant la résolution des conflits, la reconstruction ou l'aide humanitaire. Ainsi, aucune femme ne figurait parmi les personnes chargées de négocier avec les Talibans en 2020, ni lors des négociations entre délégations russe et ukrainienne, en Turquie, en mars 2022.

Malgré les engagements pris par les pays des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité, celles-ci n'ont représenté que 13% des négociateurs et seulement 6% des signataires des principaux processus de paix entre 1992 et 2019. D'après le Secrétaire général des Nations unies, la participation des femmes est pourtant essentielle "pour comprendre la dynamique des conflits et élaborer des stratégies efficaces de prévention et d'intervention".

Le HCE demande donc à la France de favoriser l’inclusion et la participation systématique des femmes aux processus de paix et aux processus humanitaires.