Rapport de l'ONU sur la biodiversité  : les limites de la surexploitation des espèces sauvages

Publié le 8 juillet 2022, le rapport de l'IPBES, groupe international d'experts sur la biodiversité, montre que la surexploitation d'espèces sauvages (animaux, algues, champignons, plantes, arbres) constitue aussi un danger pour des milliards d'êtres humains.

Un panda géant perché dans un arbre.
De nombreuses espèces sont menacées : 12% des espèces d’arbres et 1 341 espèces de mammifères sauvages. © Wusuowei - stock.adobe.com

Le rapport de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique pour la biodiversité et les services écosystémiques) met en lumière le lien étroit qui existe entre économie, survie des populations et maintien d’un certain nombre d’écosystèmes.

Les conclusions de ce rapport sont le produit du travail de 85 experts des sciences naturelles et sociales, et détenteurs de connaissances autochtones et locales, ainsi que de 200 auteurs contributeurs, s'appuyant sur plus de 6 200 sources.

Le rapport établit des propositions pour un rapport plus durable avec les espèces sauvages (plantes, animaux, champignons, algues). Il invite à redéfinir les concepts de "développement", de "qualité de vie", afin de mieux prendre en compte la nature dans sa globalité.

De nombreuses espèces sauvages menacées

L'exploitation de la faune et la flore sauvages répond à de nombreux besoins humains. Dans le monde, 50 000 espèces sauvages répondent aux besoins de milliards de personnes dont près de 10 000 pour l’alimentation. Ces ressources sont particulièrement vitales pour les populations vivant sous le seuil de pauvreté.

Ces exploitations sont nombreuses et variées  :

  • une personne sur cinq dépend des plantes sauvages, des algues et des champignons pour sa nourriture et ses revenus ;
  • 2,4 milliards de personnes (une personne sur trois dans le monde) dépendent du bois de chauffage pour cuisiner ;
  • près de 100 millions de personnes travaillant dans la pêche de capture vivent de la pêche à petite échelle.

Cette utilisation massive pose toutefois la question de la préservation des ressources. Car de nombreuses espèces sont menacées : 12% des espèces d’arbres et 1 341 espèces de mammifères sauvages. Le milieu maritime en subit aussi les conséquences. Ainsi, 34% des stocks de poissons sauvages marins sont surexploités alors que 90 millions de tonnes de poissons sauvages ont été pêchées chaque année au cours des dernières décennies.

Quelles pistes contre la surexploitation des espèces ?

Parmi les pistes évoquées dans le rapport, l’IPBES propose de :

  • développer des moyens de lutte contre le commerce illégal d’espèces qui génère chaque année jusqu’à 199 milliards de dollars ;
  • protéger les peuples autochtones qui réussissent à concilier usage et préservation des milieux sauvages (ces populations tirent avantage d'espèces sauvages sur plus de 38 millions de km2  de terres, soit l'équivalent d'environ 40% des aires terrestres conservées, dans 87 pays) ;
  • mener des politiques aux niveaux international, national, régional et local qui soutiennent des droits fonciers sûrs et un accès équitable aux terres, aux pêches et aux forêts ;
  • réduire la pêche illégale, supprimer les subventions financières nuisibles, soutenir la pêche artisanale et s'adapter aux modifications de la productivité océanique dues au changement climatique.

Ce rapport et un autre rapport de l'IPBES publié le 11 juillet 2022 sur "les valeurs et l'évaluation de la nature" serviront de base de réflexions lors de la future COP15 sur la biodiversité qui se tiendra en décembre 2022 au Canada.