Télévision : un reflet infidèle de la société française, selon l’Arcom

Le 19 juillet 2022, l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), nouvelle autorité publique indépendante, a présenté au Parlement un rapport sur la représentation de la diversité dans les médias audiovisuels. À l'écran, l'image de la société française apparaît déformée.

Portrait de femme sur un plateau de télévision.
En 2021, 14% des personnes sont perçues comme "non blanches" (16% en 2020), un taux encore moindre sur les chaînes d’information en continu (10%). La présence des femmes est stable à 39%, contre 38% en 2020. © Gorodenkoff - stock.adobe.com

L'Arcom est issue de la fusion du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet (Hadopi). Cette nouvelle autorité publique indépendante (API), entrée en fonction au 1er janvier 2022, assume désormais le rôle de régulateur de l’audiovisuel.

À ce titre, son rapport sur la représentation de la société à la télévision et à la radio rend compte des actions des éditeurs de services audiovisuels en matière de promotion de la diversité sociale et de lutte contre les discriminations et des actions menées auprès d'eux (loi liberté de communication du 30 septembre 1986).

Promotion de la diversité

Un baromètre de la représentation de la société française, réalisé chaque année depuis 2009, permet aux éditeurs d’avoir une idée précise de l’image qu’ils renvoient de la société. Une délibération de 2009 impose aux éditeurs de s'engager auprès de l'Arcom sur des objectifs concrets d'amélioration de la représentation de la diversité à l'antenne. Sur la base du rapport annuel de l'Arcom, ces engagements peuvent être renforcés.

Le baromètre 2021 : méthodologie

Le baromètre 2021 a été réalisé à partir du visionnage de 19 chaînes de la TNT, durant deux semaines. Pour la première fois, les quatre chaînes d’information en continu sont indexées.
L’analyse d’une semaine supplémentaire de programmes durant le confinement montre que ce dernier n’a pas eu un impact significatif sur les tendances dégagées.
2 900 programmes (informations, fictions, documentaires) ont été visionnés et 64 000 personnes "indexées" en fonction de sept critères de diversité.

Une représentation éloignée de la diversité sociale

Au regard des critères retenus, la représentation de la diversité de la société à l'écran apparaît perfectible :

  • en 2021, 14% des personnes sont perçues comme "non blanches" (16% en 2020), une proportion encore moindre sur les chaînes d’information en continu (10%) ;
  • la représentation des femmes est stable, à 39% contre 38% en 2020 ;
  • avec l’arrêt de France Ô, seules 3% des personnes apparaissant à l'écran en 2021 sont issues des territoires d'outre-mer (10% en 2019 et 2020) ;
  • la présence du handicap à l'écran représente un résultat "particulièrement décevant" : 0,8% alors que l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) estime à 12 millions le nombre de Français en situation de handicap ;
  • quant au lieu de résidence, 65% des personnes habitent des centres-villes urbains (4% pour les banlieues, 13% pour les villages) ;
  • pour la représentation selon l’âge : la tranche d’âge majoritaire en France (20% selon l'Insee), celle des plus de 65 ans, est très peu représentée (5%) ;
  • parmi les catégories socioprofessionnelles, les CSP+ sont très majoritaires (75% à l’écran, contre 28% de la population générale). Dans l’information, la part des CSP+ culmine à 90%.

L’Arcom n’exerce pas qu’une mission de contrôle, voire de sanction (en 2021, une chaîne a subi une sanction pécuniaire), elle a également un rôle de sensibilisation.
À cet égard, une annexe propose le bilan des engagements pris en 2020 par les éditeurs, tant en termes de ressources humaines que de contenus des programmes.

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