OCDE : une enquête sur les opinions publiques face au changement climatique

L'OCDE a interrogé un échantillon de population dans 20 pays sur le changement climatique et sur les solutions à mettre en œuvre pour y faire face. Le soutien aux politiques de lutte contre le réchauffement repose sur trois facteurs : leur degré d'efficacité, leur capacité redistributive et leur impact sur les modes de vie.

Une cycliste dans la circulation urbaine et dense.
La plupart des personnes interrogées reconnaissent la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique et les risques sur l'environnement en cas d’inaction politique. © Connel_Design - stock.adobe.com

L'étude de l'organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) rend compte d'une enquête auprès de 40 000 personnes dans 20 pays cumulant 72% des émissions de CO². 

Les personnes ont été interrogées sur trois points :

  • la pertinence des politiques menées pour réduire les émissions de CO² ;
  • la soutenabilité des différentes options des politiques climatiques, en particulier pour les ménages les plus modestes ;
  • le niveau d’impact de ces politiques sur leur mode de vie.

Sur la prise de conscience du réchauffement climatique

    Trois quarts des personnes interrogées ont conscience du changement climatique et de ses conséquences. Moins de 10% d'entre elles contestent l’existence d’un changement climatique, hormis en France, en Australie et aux États-Unis où elles sont entre 12% et 13%. La plupart reconnait la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique et les risques sur l'environnement en cas d’inaction politique (élévation du niveau des mers, éruptions volcaniques…).

    Les facteurs du réchauffement climatique sont relativement bien identifiés même si, dans certains pays, l’impact carbone du nucléaire par rapport au gaz ou au charbon est mal mesuré.

    La perception de l’impact des modes de transports sur le réchauffement dépend des usages de déplacement dans les pays. En Inde et en Indonésie, par exemple, le train n’est pas clairement identifié comme moins émetteur de carbone que d’autres moyens de transport.

    Sur les politiques à mettre en place

    La majorité des personnes interrogées se déclare prête à modifier certains comportements (modes de transport plus écologiques, par exemple) mais n’envisage pas une modification radicale de son mode de vie (consommation de viande, chauffage ou climatisation…). Dans l'ensemble, les opinions sont plus favorables à des mesures de régulation qu’à des mesures restrictives (interdiction des véhicules polluants en centre-ville, l’isolation obligatoire des bâtiments…).

    Les politiques fondées sur un financement public recueillent un large soutien, en particulier lorsqu’elles reposent sur un prélèvement sur les hauts revenus et à condition qu’elles n’affectent pas la dette publique, qu’elles n’aient pas d’effet sur les produits de consommation courante, et qu’elles ne grèvent pas certains budgets comme les dépenses sociales ou militaires.

    Les mesures de restriction des véhicules polluants sont diversement accueillies. Elles sont bien acceptées pour les centres-villes mais moins s’il s’agit d’interdire plus radicalement la circulation des véhicules thermiques ou cesser leur production.

    Les taxes sur les émissions de CO² ou sur les combustibles sont moins populaires. Mais elles sont mieux acceptées lorsque les recettes sont ciblées vers des actions de transition énergétique ou redistribuées vers les ménages les plus en difficulté.

    L’Australie, la France et l’Allemagne sont les pays dans lesquels les populations semblent le moins convaincues par les axes politiques présentés.

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