Changement climatique : les Français de plus en plus exposés aux fortes chaleurs d'ici 2050

Un Français sur sept habite un territoire qui sera exposé à plus de 20 journées anormalement chaudes chaque été d'ici 2050. Cette évolution aura un effet sur la santé publique, la rénovation de l'habitat et les conditions de travail dans certains secteurs.

Enseigne de pharmacie où est affiché + 40° C de température.
Dans les territoires de plaine d’Île-de-France, du Centre-Val de Loire, des Pays de la Loire et de la Nouvelle-Aquitaine, il y aura 16 à 20 journées anormalement chaudes, contre moins de 15 avant 2005. © Dmitry Vereshchagin - stock.adobe.com

68% des habitants d'Auvergne-Rhône-Alpes ou encore 47% des habitants de Bourgogne-Franche-Comté subiront plus de 20 journées anormalement chaudes en juin, juillet et août dans les prochaines décennies.

Une publication de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) datant du 30 août 2022 livre des chiffres sur la multiplication des épisodes de chaleur anormale et ses conséquences en France.

Multiplication des épisodes de forte chaleur

Au cours des 30 prochaines années, tout le territoire métropolitain sera concerné par une augmentation du nombre de journées (et de nuits) exceptionnellement chaudes durant les mois de juin, juillet et août.

Une large partie du territoire où vit près de 80% de la population aujourd’hui subira de 16 à 29 journées anormalement chaudes, contre moins de 16 journées sur la période 1976-2005.

Certains territoires connaîtront jusqu’à 19 nuits anormalement chaudes, contre un maximum de sept sur la période 1976-2005.

Des territoires plus ou moins concernés

Ces anomalies de chaleur se multiplieront sur l’ensemble du territoire métropolitain avec une fréquence plus ou moins élevée selon le type de territoire :

  • les zones de basse montagne (moins de 1 000 mètres d’altitude) comme le Massif central et son pourtour, les territoires à proximité du Jura, des Vosges et d’une partie des Alpes seront soumises à plus de 20 journées anormalement chaudes. Avant 2005, seuls quelques territoires du Massif central connaissaient plus de 15 journées anormalement chaudes. Les températures nocturnes y seront aussi plus souvent anormalement élevées ;
  • dans les territoires de plaine d’Île-de-France, du Centre-Val de Loire, des Pays de la Loire et de la Nouvelle-Aquitaine, il y aura 16 à 20 journées anormalement chaudes, contre moins de 15 avant 2005. La majorité de ces territoires sera soumise à un nombre plus élevé de nuits anormalement chaudes (entre 8 et 11) ;
  • sur les littoraux, le nombre de journées anormalement chaudes passera en moyenne de 7 avant 2005 à 12. Le littoral méditerranéen subira des nuits tropicales bien plus fréquemment que les autres littoraux.

Les îlots de chaleur urbains

Dans les espaces les plus densément peuplés, l’effet des îlots de chaleur urbains aggravera celui des fortes chaleurs. Cet effet n’est pas inclus dans les modélisations climatiques.

Des populations plus vulnérables

La répétition de journées anormalement chaudes associées à des nuits où les températures restent élevées augmente les risques sanitaires : déshydratation, aggravation de certaines maladies chroniques, coup de chaleur.

Certaines populations sont plus vulnérables :

  • les personnes âgées de 75 ans ou plus ;
  • les jeunes enfants de moins de six ans, peu autonomes pour s’hydrater. Les fortes chaleurs peuvent se produire en période scolaire, ce qui pose la question de l’adaptation thermique des bâtiments scolaires ;
  • les personnes les plus modestes, en particulier en raison de leurs conditions de logement (moins bonne isolation) ;
  • certains professionnels travaillant en extérieur comme les travailleurs agricoles et les ouvriers de la construction, plus exposés à la chaleur.

Canicule 2003

La canicule d’août 2003 a provoqué plus de 15 000 décès.
Depuis, un système d'alerte canicule et santé identifie les vagues de chaleur susceptibles d’avoir un impact sanitaire majeur. Un Plan national canicule a été instauré en 2004 pour améliorer la prévention sanitaire du risque canicule.