Jeunes décrocheurs : quels liens avec le service public de l’emploi ?

Les jeunes décrocheurs ne sont ni scolarisés, ni en emploi et ont au plus le brevet des collèges. La Journée défense et citoyenneté (JDC), obligatoire pour tous les jeunes de nationalité française, permet de repérer les décrocheurs et de les orienter vers des dispositifs d’insertion professionnelle.

Un jeune prenant des notes sur un cahier dans une salle de cours.
En général, les jeunes sont convoqués à la JDC entre leur recensement citoyen (à 16 ans) et leurs 18 ans. Cette journée permet d’évaluer leur situation et de repérer notamment le décrochage scolaire. © Anastassiya - stock.adobe.com

La Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère du travail a publié une étude sur les liens qu’entretiennent les jeunes décrocheurs avec le service public de l’emploi (SPE). Elle analyse la trajectoire professionnelle des jeunes qui ont réalisé leur JDC en 2014, leurs relations avec le SPE avant cette journée et les dispositifs vers lesquels ils ont été éventuellement dirigés.

Le repérage des décrocheurs par la JDC

En général, les jeunes sont convoqués à la JDC entre leur recensement citoyen (à 16 ans) et leurs 18 ans. Cette journée permet d’évaluer leur situation et de repérer notamment le décrochage scolaire. Les décrocheurs, reçus en entretien, se voient présenter différentes aides à l’insertion proposées par le service public de l’emploi (SPE).

En 2014, 5% des jeunes ont été identifiés comme décrocheurs lors de leur JDC. En moyenne, ils effectuent leur JDC plus tardivement, à 18,5 ans contre 17,5 ans pour les non-décrocheurs. La part des décrocheurs croît avec l’âge de passage de la JDC.

Les jeunes scolarisés participent à cette journée, soit dans la foulée de leur convocation, soit par un effet d’entraînement avec les jeunes de leur entourage, soit enfin parce que la JDC est requise pour s’inscrire à certains examens.

Les décrocheurs, quant à eux, attendent d’avoir besoin d’effectuer cette journée, l’attestation de réalisation de la JDC étant exigée jusqu’à 25 ans pour diverses démarches administratives (inscription au permis de conduire…).

Quatre décrocheurs sur dix n’ont aucun lien avec le SPE avant leur JDC

61% des jeunes repérés comme décrocheurs sont en lien avec le SPE l’année précédant leur JDC, contre 5% des non-décrocheurs. Parmi les jeunes qui prennent contact avec le SPE avant leur JDC, neuf sur dix le font via les missions locales, en complément ou non d’un suivi par Pôle emploi. Le lien des jeunes avec le SPE s’accroît avec l’âge. Les jeunes (décrocheurs ou non) déjà en relation avec le SPE avant leur JDC le restent massivement après.

En ce qui concerne les décrocheurs sans lien avec le SPE l’année précédant leur JDC :

  • 14% d’entre eux entrent en contact avec le SPE dès le mois de leur JDC (ce n’est le cas de presque aucun décrocheur) ;
  • 28% dans les trois mois (contre 2% des non-décrocheurs dans la même situation) ;
  • 49% durant l’année qui suit leur JDC (contre 9% pour les non-décrocheurs).

Les décrocheurs sont plus souvent dans un dispositif d’insertion l’année suivant leur JDC

L’année qui suit leur JDC, 18% des jeunes décrocheurs ont intégré un dispositif d'insertion (contre 12% des non-décrocheurs) :

Les non-décrocheurs recourent très rarement à ces dispositifs, excepté l’alternance.

Les jeunes en lien avec le SPE dans les deux ans autour de leur JDC sont plus fréquemment dans un dispositif d’insertion ou une formation l’année qui suit leur JDC.