Trajets scolaires à vélo : une pratique à développer chez les collégiens et lycéens

Depuis quelques années, les initiatives des pouvoirs publics se multiplient pour promouvoir le vélo comme une alternative de mobilité pour les trajets quotidiens. L'Ademe étudie plus spécifiquement la pratique du vélo chez les élèves du secondaire en tant que moyen de transport entre le domicile et le collège ou le lycée.

Élève se rendant à l'école à vélo.
Le recours au vélo sur les trajets vers les établissements scolaires pourrait être un moyen pour les jeunes de renforcer leur autonomie et de lutter contre la sédentarité. © Frederick Florin / AFP

Publiée en septembre 2022, l’étude de l’Agence de la transition écologique (Ademe) porte sur la mobilité à vélo des 5,7 millions de collégiens et lycéens dans le cadre des déplacements domicile-établissement scolaire.

Dans le même temps, le Gouvernement a annoncé, le 20 septembre 2022, un deuxième plan vélo destiné à renforcer en particulier la sécurisation des infrastructures cyclables.

Une marge de progression importante

Les dernières statistiques montrent que 29% des collégiens et 19% des lycéens sont accompagnés par un adulte pour se rendre dans leur établissement. Le recours au vélo pour ces trajets pourrait être un moyen pour les jeunes de renforcer leur autonomie et de lutter contre la sédentarité (73% des jeunes de 11 à 17 ans n’atteignent pas 60 minutes d’activité physique quotidienne).

Plusieurs analyses constatent une pratique du vélo moins répandue chez les filles que chez les garçons à l'adolescence en raison, semble-t-il, d’une connotation trop sportive du vélo, de l’idée d’un manque de confort et d’ergonomie ou d’un plus fort sentiment d’insécurité. 

Hormis une "pratique genrée", l'étude identifie différents freins à l'usage du vélo pour les trajets scolaires, au-delà de la problématique de l'éloignement de l'établissement : 

  • un manque d’infrastructures adaptées dans les établissements scolaires (manque de places de stationnements pour les vélos) ;
  • une réticence des parents liée aux dangers sur la route et à un manque d’infrastructures sécurisées (voies cyclables) ; 
  • une carence en formation aux bonnes pratiques à vélo par des équipes pédagogiques ; 
  • un manque d'équipement personnel (près d’un Français sur deux, âgé de 15 ans ou plus, ne dispose pas de vélo personnel).

Des exemples en région et à l'étranger

Sur la base d’un questionnaire adressé aux départements et aux établissements, l’Ademe a évalué les mesures déployées par les acteurs publics locaux pour favoriser la pratique du vélo auprès des scolaires. Elle relève quelques exemples de "bonnes pratiques" (dans le département de la Gironde par exemple) qui se sont traduites par : 

  • le développement d’infrastructures sécurisantes sur les trajets vers les établissements ;
  • un travail de promotion de la pratique du vélo réalisé avec les établissements et les collectivités.

S'inspirant de ces exemples de terrain et des pays à l'étranger où la pratique quotidienne du vélo est plus répandue chez les jeunes (Allemagne, Danemark, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suisse…), l'Ademe présente 21 recommandations axées autour de cinq thématiques : 

  • la sécurisation de l’accès cyclable et l’apaisement de la circulation aux abords des établissements scolaires ;
  • l’équipement des établissements en stationnements vélo, services vélo et l’équipement des élèves en vélo ;
  • l’apprentissage et la sensibilisation à la pratique cyclable auprès des élèves du secondaire, entre autres à travers les programmes scolaires ;
  • l’élaboration de documents cadres du niveau national au local ;
  • la communication sur le vélo en s’appuyant, notamment, sur les grands événements nationaux et les réseaux sociaux.