Santé périnatale : une situation dégradée, surtout en outre-mer

La santé périnatale désigne l’état de santé de la femme enceinte, du fœtus et du nouveau-né au cours de la période qui va de la grossesse au post-partum (retour de couches). Selon un rapport de Santé publique France publié le 20 septembre 2022, la santé périnatale s’est globalement dégradée entre 2010 et 2019.

Jeunes mères prenant soin de leur bébé en service de néonatologie, hôpital de Lens.
Les indicateurs témoignent d’un haut niveau de prise en charge périnatale mais aussi de disparités sociales et territoriales. © Philippe Huguen / AFP

Ce rapport sur la santé périnatale en France analyse l’évolution des principaux indicateurs périnataux entre 2010 et 2019. Plusieurs d’entre eux, dont la mortalité néonatale, sont préoccupants, en particulier dans les départements et régions d’outre-mer (Drom).

Une mortalité périnatale plus élevée en outre-mer

Entre 2007-2009 et 2013-2015, le ratio de mortalité maternelle jusqu’à 42 jours après l’accouchement a varié de 9,5 à 8,1 pour 100 000 naissances vivantes. Dans les Drom, il est au moins trois fois supérieur à celui de la métropole.

La mortinatalité (naissance d’un fœtus mort après six mois de grossesse) est stable : près de 8,5 pour 1 000 naissances en métropole mais 13,5 pour 1 000 en outre-mer.

Le taux de mortalité néonatale (enfants nés vivants et décédés entre 0 et 27 jours) a varié de 1,6 pour 1 000 naissances vivantes en 2010 à 2 pour 1 000 en 2019. Dans les Drom, il est passé de 3,3 à 4,1 pour 1 000.

La Guyane et Mayotte sont les départements où la santé périnatale est la plus mauvaise. Le rapport préconise de :

  • renforcer la prévention et la promotion de la santé périnatale pour accompagner les mères et les familles tout au long de la grossesse et en post-partum ;
  • favoriser l’accès aux droits et aux soins, notamment sur certains territoires.

Des indicateurs stables ou défavorables

Les indicateurs témoignent d’un haut niveau de prise en charge périnatale mais aussi de disparités sociales et territoriales.

La précarité des mères s’aggrave. La part des accouchements couverts par l’assurance maladie recule (de 96,8% en 2010 à 96% en 2019), contrairement à ceux pris en charge par l’aide médicale de l’État (AME). La proportion de sans-abris parmi les femmes qui accouchent s’accroît, particulièrement en Île-de-France (0,58% en 2015 et 2,28% en 2019).

L’état de santé des mères se détériore :

  • si les femmes enceintes fument de moins en moins depuis 1995, le tabagisme maternel reste très fréquent en France ;
  • en 2016, 2% des femmes présentaient une obésité sévère (contre 1,3% en 2006) et 60,8% des femmes ayant accouché avaient un indice de masse corporel normal en 2016 (68% en 2003) ;
  • les troubles liés à l’hypertension augmentent avec 5% des accouchements en 2019 (4,5% en 2010) ;
  • la fréquence du diabète gestationnel a doublé (de 6,7% en 2010 à 13,6% en 2019) du fait de changements dans les modalités de dépistage et de l’accroissement des facteurs de risque (obésité, âge maternel élevé…).

En revanche, le nombre d’épisiotomies sur les accouchements par voie basse a chuté et le taux de césarienne stagne (environ 20% des naissances).

 

Moins de naissances

Le nombre de naissances a baissé chaque année ; il s’élève à 733 000 en 2019 contre 810 000 entre 2010 et 2019. Le taux de natalité est passé de 135 pour 1 000 habitants en 2010 à 125 pour 1 000 en 2019. Ce recul, qui touche la France entière sauf la Guyane, s’explique par :

  • la hausse de l’âge maternel à l’accouchement, en moyenne de 30,2 ans en 2019, contre 29,4 ans en 2010 ;
  • la fécondité chez les femmes en âge de procréer de 24-35 ans, donc aux âges les plus féconds, diminue. Parallèlement, le pic des naissances se déplace vers des femmes plus âgées (35-44 ans) qui sont moins fécondes.