Taux d'emploi, inégalités sociales, bilan carbone... une situation contrastée pour la France en 2022

Chaque année, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) publie un rapport sur l'état de la France. Son rapport 2022 revient notamment sur le contexte d’incertitude qui pèse actuellement sur la société civile française.

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE), place Iéna, à Paris.
© UlyssePixel - stock.adobe.com

La France continue de bénéficier du rebond de l’économie qui a suivi la crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19. Pourtant, les bouleversements qui se sont produits en début d’année, tels que la guerre en Ukraine ou la crise énergétique font naître des inquiétudes chez les Français.

Dans son rapport du 12 octobre 2022 sur l'état de la France 2022, le CESE appelle à une réorientation de l’investissement public pour plus de justice sociale et en faveur de la transition écologique.

Un bilan économique encourageant

Le taux d’emploi des 15-64 ans n’a jamais été aussi élevé depuis 2008. À la fin décembre 2021, 67,8% des personnes âgées de 15 à 64 ans sont en emploi, contre 66,9% fin 2020.

Même le taux de chômage, au sens du Bureau international du travail (BIT), est descendu au 4e trimestre 2021 à 7,4%, son plus bas niveau depuis 2008.

Toutefois, en 2020, la crise et les mesures exceptionnelles qui ont été prises ont porté le déficit public à un niveau record de 9,1% du PIB, mais il s’est à nouveau réduit à 7% en 2021.

Le remboursement des intérêts de la dette a lui aussi baissé en part de PIB, de 2,7% à 1,5% entre 2011 et 2020. Chaque année, 35 à 40 milliards d'euros sont consacrés au service de la dette. 

En revanche, l’endettement des entreprises françaises augmente depuis 20 ans de manière continue.

Quant à l’endettement des ménages, il connaît également une hausse continue depuis près de dix ans, de 46% en 2007 à 61% en 2019. Les faibles taux d’intérêts ont en effet encouragé les Français à investir dans l’immobilier. En 2021, l’endettement des ménages français (66% du PIB) est légèrement supérieur à la moyenne de la zone euro (60%) et supérieur au ratio allemand (57%).

Un bilan social et environnemental mitigé

Les inégalités sociales restent importantes.

Les 20% des personnes les plus modestes disposent en 2019 de 8,7% de la somme des niveaux de vie, alors que les 20% les plus aisés en perçoivent 37,9%. Ces inégalités seraient plus grandes encore si le système redistributif ne les réduisait pas.

Globalement, le CESE constate un niveau de satisfaction de la vie des Français relativement peu élevé. En 2018, la France se situe au 15e rang des pays de l'UE, le premier pays en terme de satisfaction étant la Finlande.

Sur le plan écologique, l’empreinte carbone de la France tend à stagner depuis le milieu des années 2010. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), elle s'élève, en 2018, à 6,8 tonnes de CO2 par habitant, un niveau supérieur à la moyenne mondiale (4,4 tonnes), mais inférieur à la moyenne européenne (7,8 tonnes), en particulier à l’Allemagne (10,4 tonnes).

Les pistes d’amélioration

Face à ces constats, le CESE dresse une liste de 19 recommandations parmi lesquelles :

  • instaurer une contribution de solidarité exceptionnelle, au niveau européen, des entreprises qui ont bénéficié de la situation récente ;
  • éviter le recours aux politiques de rigueur budgétaire ;
  • augmenter les moyens financiers et humains pour renforcer la présence des services de l’État dans les territoires, ainsi que la qualité et l’accessibilité des services pour tous ;
  • privilégier des solutions qui associent le maintien du pouvoir d’achat pour les plus pauvres à court terme et la préparation de la transition écologique à moyen terme.