Préservation de la biodiversité : comparaison des financements dans six pays d'Europe

À la veille de l'ouverture de la COP 15 sur la biodiversité qui se tient à Montréal (Canada) du 7 au 19 décembre 2022, la Direction générale du Trésor compare les modes de financements des politiques en faveur de la biodiversité de six pays d'Europe. Tous les pays ont adopté des mesures de préservation et les financements sont en majorité publics.

Prairie fleurie.
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L’étude publiée le 18 novembre 2022 par la Direction générale du Trésor s’inscrit dans la volonté de comparer les financements de six pays européens (Allemagne, Danemark, Espagne, Finlande, Pologne, Royaume-Uni) afin d’affiner la mise en place de la stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) pour 2030.

La biodiversité a diminué dans l’ensemble des pays

L’étude constate que l’ensemble des pays voit sa biodiversité s'éroder. Le Royaume-Uni a perdu la moitié de sa biodiversité depuis la fin du XVIIIe siècle (Révolution industrielle). C'est le pays le plus touché. Certains pays comme le Danemark et l’Espagne comptent des milliers d’espèces rares menacées.

Tous les pays concernés par l’étude ont mis en place des mesures de protection des écosystèmes. C’est, par exemple, le cas de la Finlande qui a créé le programme d’action pour la biodiversité 2012-2020 (deux milliards d’euros), de l’Allemagne qui a prévu un fonds pour la transformation et le climat (quatre milliards d’euros jusqu’en 2026) ou de la Pologne dont les dépenses en matériel dédié à la protection de l'environnement se sont élevées à 8,32 milliards d'euros sur la période 2019-2021.

Ces efforts ont pour la plupart été entrepris dans le but de respecter les engagements signés lors des conférences des parties (COP). Ainsi, le premier volet de la stratégie nationale française de la biodiversité 2022 est une déclinaison nationale des objectifs de la stratégie mondiale établie par la Convention sur la diversité biologique, dont l’organe directeur est la conférence des Parties (COP).

Les États, premiers contributeurs

Les sources de financement en faveur de la biodiversité sont limitées, multiples et difficilement comparables.

Toutefois, l’étude comparative constate que le financement de la protection de la biodiversité repose en grande partie sur les budgets publics des États. En Espagne, les collectivités territoriales perçoivent des impôts et taxes environnementales qui s’élevaient en 2020 à près de 20 milliards d'euros (1,8% du PIB).

Le secteur privé contribue à la protection de la biodiversité dans une moindre mesure. Par exemple, en Allemagne, la contribution des entreprises aux dépenses pour la protection des espèces et des paysages en 2019 s’est chiffrée à hauteur de 1,2 milliards d'euros (0,03% du PIB).

L’Europe intervient également via des fonds européens, comme le Fonds européen pour le développement régional (FEDER) ou le Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER).

L'étude signale par ailleurs la mise en œuvre, dans certains pays, de solutions de financement innovantes (déduction fiscale en Danemark, dotations de concours entre municipalités, impositions environnementales ciblées en Espagne...).