Sida : l'égalité d'accès aux soins, enjeu majeur pour lutter contre l'épidémie

Le 1er décembre est la journée internationale de la lutte contre la sida. À cette occasion, Santé publique France consacre son bulletin hebdomadaire à l'urgence de la relance de prévention du VIH pour atteindre l'objectif fixé pour 2030 : la fin de l'épidémie du virus du sida.

Petit ruban rouge de solidarité aux malades du Sida, épinglé sur une planche en bois.
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L'objectif des Nations Unies d'une éradication du sida en 2030 pourra-t-il être tenu ? Santé Publique France dans le Bulletin hebdomadaire du 29 novembre 2022 évalue la situation en France et met en évidence la nécessité d'accélérer la réponse vis-à-vis du VIH. De son côté, le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS), dans un communiqué de presse, alerte sur la menace que font peser les inégalités d'accès aux services de santé pour la lutte contre l'épidémie. 

La fin de l'épidémie du virus du sida d'ici 2030 ?

Pour Santé publique France, l'objectif 2030 ne sera atteint qu’avec une implication forte des pouvoirs publics et des professionnels de santé. L'urgence est de relancer les campagnes de prévention. La communication doit être ciblée sur la prévention combinée du VIH et des infections sexuellement transmissibles (IST). La prescription et le suivi de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) doivent être déployés largement en soins primaires.

Depuis la fin des années 2000, la prévention du VIH s'est développée avec l'approche biomédicale et s'est renforcée avec l'introduction de la (PrEP) en 2016.
Depuis quelques années, cette prévention est combinée à d'autres outils et stratégies :

  • le dépistage  ;
  • l'utilisation de préservatifs : en baisse depuis 2017 (66,8%) chez les répondants séronégatifs pour le VIH, où 45,3% d'entre eux l'utilisent en 2021 ;
  • la prévention biomédicale : traitement post-exposition (TPE), la PrEP (en augmentation depuis 2017 où 7% des répondants séronégatifs y avait recours contre 28,2% en 2021) et le traitement comme prévention (TasP).

La nécessaire réduction des inégalités d'accès aux soins pour les migrants

Le Conseil national du sida (CNS) alerte sur la nécessité de prendre en charge les migrants pour lutter contre l'épidémie. En 2016, sur 6 000 découvertes de cas séropositifs, 39% concernaient des personnes nées à l'étranger. Une politique de prévention doit être mise en oeuvre de façon plus forte selon le CNS, notamment auprès de certaines populations plus fortement exposées au VIH. 
Le Conseil en dresse la liste :

  • les hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes ;
  • les personnes originaires de régions où l'épidémie est forte (l'Afrique subsaharienne, l'Amérique du Sud...) ;
  • les travailleuses et travailleurs du sexe ;
  • les usagers de drogues injectables ;
  • toute autre personne dont les partenaires sexuels appartiennent à ces populations.

Les résultats préliminaires d'une enquête de l'Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS), conduite auprès d’un échantillon d'hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes vivant avec le VIH et nés à l’étranger, montrent que près de 40% d’entre eux ont contracté leur infection après leur arrivée en France. C'est pourquoi un renforcement des stratégies de prévention est indispensable auprès des migrants.