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Désinformation en santé : une stratégie nationale de lutte contre les fausses informations médicales

Temps de lecture  3 minutes

Par : La Rédaction

Face à la diffusion de nombreuses fausses informations médicales, le ministère de la santé a lancé une stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé. Le plan présenté lundi 12 janvier 2026 s'appuie sur les conclusions d'une expertise indépendante.

Vaccins accusés de toxicité, régimes miracles, soins alternatifs non reconnus... La désinformation en santé, via les réseaux sociaux en particulier, risque de détourner les patients des soins et crée une défiance envers la science et les institutions sanitaires.

Pour répondre à ce risque, le ministère de la santé a lancé, lundi 12 janvier 2025, une stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé. Cette stratégie s'appuie sur les conclusions d'une mission d’expertise indépendante confiée à Mathieu Molimard, Dominique Costagliola et Hervé Maisonneuve. 

Un plan national contre les fausses informations

Le plan stratégique contre la désinformation en santé formule s'articule autour de quatre axes : 

  • une phase d’écoute et de consultation citoyennes (enquêtes d’opinion, baromètre, mise en place d’un comité citoyen) pour évaluer l'exposition à la désinformation ;
  • la création d’un observatoire de la désinformation en santé pour identifier et analyser les phénomènes de désinformation ;
  • le développement d'un dispositif d’infovigilance en santé pour détecter rapidement les fausses informations et y répondre ;
  • le rétablissement de la confiance par "l’éducation critique à la santé dès le plus jeune âge, en poursuivant la responsabilisation des plateformes numériques et en intégrant la désinformation en santé au sein des programmes de recherche".

Forces et faiblesses de l'information en santé

"La population n’est pas assez armée pour résister à la désinformation", constate la mission d'expertise. Son rapport relève trois fragilités : "une éducation scientifique et en santé insuffisante, une difficulté réelle à juger la fiabilité des sources d’information et un rapport à l’information bouleversé par le numérique". 

Influenceurs, militants, professionnels de santé ou scientifiques dévoyés, les acteurs de la désinformation "obéissent à des motivations économiques, idéologiques ou identitaires" et "savent exploiter la moindre faille dans le discours des autorités publiques", souligne le rapport. "À l’inverse, la détection et la réponse à la désinformation restent inorganisées". 

Le rapport met en évidence le rôle décisif des journalistes scientifiques, "un relais indispensable entre la recherche et le grand public", alors que leur place dans le paysage médiatique s'est affaiblie. De même, la parole des scientifiques est centrale dans la circulation de l'information en santé mais nombre d'entre eux hésitent à s'exprimer dans le débat public (peur du harcèlement...). À l'inverse, les scientifiques qui profitent de leur statut pour produire des fausses informations n'ont pas ces réticences et interviennent, le plus souvent, en dehors de leur domaine de compétence. Pour éviter ces dérives, le rapport cite l'exemple d'institutions qui ont adopté une charte encadrant la parole publique de leurs chercheurs tout en respectant leur liberté académique.