"Un quart des jeunes immigrés, descendants d’immigrés ou nés en outre-mer font état d’une discrimination liée à la couleur de peau, à l’origine ou à la nationalité au cours des 5 dernières années".
Six ans après le rapport "Discriminations et origine : l'urgence d'agir", la Défenseure des droits publie un nouveau rapport afin de mieux appréhender les discriminations subies par les jeunes au regard de leur origine réelle ou supposée. Ce rapport publié le 26 février 2026 met en évidence des comportements défavorables dans toutes les étapes de la vie des 15-26 ans (école, université, emploi, logement). L'étude souligne une aggravation des discriminations en raison de préjugés et stéréotypes.
Un cumul de discriminations
Est considéré comme une discrimination tout "traitement défavorable d’une personne ou d’un groupe de personnes sur le fondement de critères prohibés et dans un domaine déterminé par la loi tels l’emploi, l’éducation, le logement ou encore la santé".
Les discriminations commencent à l'école. Bien que le système éducatif repose sur un principe d'égalité républicaine, la Défenseure des droits pointe, outre des mécanismes de ségrégation, des différences de traitements, "souvent inconscientes", notamment dans les interactions, la notation ou l'orientation (vers des filières moins valorisées). Ce phénomène reste peu connu et reconnu, les discriminations liées à l'origine étant perçues comme des actes isolés et individuels et non comme un phénomène systémique.
Les discriminations affectent aussi le parcours étudiant et continuent dans le monde professionnel. Les discriminations sont "massives" à l'embauche. Près de la moitié des jeunes perçus comme noirs ou arabes déclarent avoir été discriminés dans leur recherche d’emploi.
Les difficultés pour trouver un logement (refus de louer, notamment) sont par ailleurs avérées depuis longtemps. Quant aux contrôles d'identité, ils sont beaucoup plus fréquents et poussés chez les jeunes hommes d'origine étrangère.
La Défenseure des droits montre que les jeunes, pourtant très sensibles aux discriminations, connaissent mal leurs droits au recours. Par exemple, dans un baromètre de décembre 2025, 17% des victimes de discriminations à l'embauche âgés de 18 à 29 ans déclarent avoir entrepris des démarches pour faire reconnaitre leur situation de discrimination. Ils sont 48% dans la tranche d'âge 50-64 ans.
Le rapport est disponible et téléchargeable dans la Bibliothèque des rapports publics.