Publiée en février 2026 par le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc), l'enquête évoque la progression continue de la cyber-malveillance, notamment avec l'essor de l'intelligence artificielle. En 2025, 73% des internautes déclarent avoir été exposés à une tentative d'arnaque ou de fraude en ligne.
Ces données sont à mettre en perspective avec les chiffres du ministère de l'intérieur qui comptabilisent, en 2025, 453 200 crimes et délits liés au numérique, toutes catégories confondues, soit une augmentation de 14% par rapport à 2024.
Qui sont les victimes ?
La majorité des victimes sont majeures, et les femmes apparaissent particulièrement exposées. Les femmes de 18 à 44 ans représentent à elles seules 49% des victimes d'atteinte numérique à la personne. Cette surreprésentation ne s'explique pas par un usage différencié du numérique, mais par la transposition en ligne de formes de violences, de menaces et de harcèlement déjà présentes hors ligne, qui trouvent un prolongement sur le numérique.
Au-delà du genre, les moins de 25 ans, parmi les plus familiers des usages numériques, figurent logiquement parmi les publics les plus exposés à la cyber-malveillance : d'après l'étude, 59% des 15-24 ans déclarent avoir été victimes d'une attaque en ligne, contre 35% des 40-59 ans. Outre les jeunes adultes et les femmes, les personnes vivant seules ou disposant de revenus modestes figurent également parmi les victimes les plus fréquentes.
Quels sont les types d'attaques les plus fréquents ?
Parmi les atteintes numériques, les courriels et les appels frauduleux restent les plus courants, touchant 63% des internautes, dont 21% en ont été victimes. Les escroqueries liées à l'achat en ligne de produits concernent 32% des internautes, et 15% en ont été victimes.
Pourtant, 9 internautes sur 10 déclarent adopter au moins une mesure de précaution face aux cyber-attaques. Les jeunes adultes de moins de 25 ans sont les plus vigilants face aux arnaques : 87% adoptent au moins une mesure de protection.
Des conséquences psychologiques sur les internautes
Après avoir été victime d'atteinte numérique, 41% des internautes signalent un impact psychologique. Beaucoup d'internautes estiment aussi que signaler une attaque est inutile, notamment en raison de l’anonymat des auteurs et de la difficulté à les identifier. En 2023, 67% des Français considéraient ainsi toute déclaration inutile tandis qu'en 2025, seulement 48% des internautes entamaient des démarches auprès des autorités compétentes.
Pour limiter le risque de subir ce type de fraude, l’étude souligne l’importance du lien social et précise que la solitude accroît le risque de tomber dans les escroqueries en ligne car les personnes isolées sont plus vulnérables et peuvent se tourner plus facilement vers des inconnus.