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© Jérémie CRESPIN - stock.adobe.com

Centrales à charbon : quel avenir en France ?

Temps de lecture  3 minutes

Par : La Rédaction

La Cour des comptes s'interroge sur l'opportunité de maintenir en activité les dernières centrales à charbon présentes sur le territoire même si elles ont permis de compenser le manque d'électricité lors de la crise énergétique de 2021. Les problèmes que soulève la reconversion des centrales à charbon sont également abordés par la Cour.

En France, il y a encore quatre centrales à charbon en fonctionnement ou en cours de reconversion : les centrales du Havre et de Cordemais gérées par le groupe EDF et les centrales de Saint-Avold et de Gardanne dont la gestion incombe à la société GazelEnergie Génération.

Or, dans des observations publiées le 26 février 2026, la Cour des comptes rappelle que la fermeture des centrales à charbon prévue par le Plan climat de 2017 avait été entérinée par la loi énergie-climat de 2019, qui fixait cette échéance à 2022.

La faible contribution des centrales à charbon à la production électrique

Les mises à l’arrêt totales des centrales du Havre (Seine-Maritime) et de Gardanne (Bouches-du-Rhône) sont intervenues au printemps 2021. La centrale de Saint-Avold  (Moselle) a cessé son activité fin mars 2022, avant d’être remise en service quelques mois après, à l’automne, sur sollicitation du gouvernement et afin de répondre à la crise énergétique. Quant à Cordemais (Loire-Atlantique), la fermeture est prévue pour 2027.

En France, le rôle des centrales à charbon a considérablement diminué. Leur part dans la production électrique nationale représentait 5% en 2000 (26 TWh sur 517 TWh), 3,6% en 2013 (19,8 TWh) et 1,8% en 2017 (9,7 TWh). Elle n’atteint plus que 0,13% en 2024 (0,71 TWh sur 536 TWh).

RTE, gestionnaire du réseau électrique, considère toutefois qu’entre 2 et 5 gigawatts (GW) de capacités thermiques supplémentaires pourraient être requis pour garantir la sécurité d’approvisionnement électrique à partir de 2030.

Quelles reconversions pour les centrales à charbon ?

Le 13 février 2026, le décret relatif à la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) a été publié. Il réaffirme l’objectif de sortie du charbon, repoussée par précaution, à 2027, en raison de la crise énergétique de 2021. Mais cet objectif n’emporte pas forcément celui de projets de conversion systématique des unités de production. 

La loi du 14 avril 2025 visant à convertir des centrales à charbon vers des combustibles moins émetteurs en dioxyde de carbone a pour objectif de faciliter ces reconversions.

Le projet de conversion partielle au biogaz et au gaz naturel à Saint-Avold en bénéficie via cette loi. L’investissement vers la transformation représente un coût de 125 millions d’euros. Par ailleurs, une disposition de la loi impose à EDF de présenter, avant le 31 décembre 2026, un plan de conversion pour la centrale à charbon de Cordemais. Le site de Cordemais est préféré au site du Havre qui ne sera pas reconverti. Le projet de reconversion en production de biomasse du site de Gardanne va bénéficier d’un soutien public auquel l’État s’est engagé le 4 décembre 2024. 

Globalement, le devenir des centrales à charbon souligne la nécessité d’une clarification de la stratégie de l’État, selon la Cour des comptes.