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Destruction des animaux "nuisibles" : une politique inefficace selon une étude scientifique

Temps de lecture  3 minutes

Par : La Rédaction

Une étude portée par le Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) évalue pour la première fois la politique de régulation des animaux "susceptibles d'occasionner des dégâts" (ESOD). Chaque année, en France, 1,7 million d'animaux sont abattus. Pourtant, selon l'étude, ces abattages ne réduisent pas les dommages économiques imputés à ces espèces.

L'élimination des "espèces susceptibles d'occasionner des dégâts" (ESOD), en France ne permet ni de réduire les dommages causés aux activités humaines (les cultures, notamment) ni de diminuer les effectifs des animaux en cause. C'est la conclusion de la première évaluation de la politique publique de régulation des ESOD, portée par un chercheur du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) et publiée le 9 mars 2026. 

Le statut d'ESOD (ex-nuisibles) permet la destruction de certains oiseaux et mammifères par des tirs, du piégeage et du déterrage toute l’année, même en dehors des périodes de chasse. Les listes des animaux sont établies par arrêté (article R427-6 du code de l'environnement).

Une politique coûteuse et inefficace

D'après l'étude, l'élimination des ESOD coûte huit fois plus que les dégâts qu'ils occasionnent. L'étude estime ainsi à 64 euros le coût moyen d'un animal tué (pour 12,4 millions d'animaux en sept ans), soit entre 103 et 123 millions d’euros par an contre 8 à 23 millions d’euros pour le montant des dégâts causés. Par ailleurs, abattre davantage d'animaux ne réduit pas les dommages, voire les augmente dans certaines régions. Selon l'étude, laisser en vie ces animaux n'augmente pas les dégâts.  

 

Cette politique de destruction, qui n'a pas d'équivalent ailleurs en Europe ne régule pas les espèces et elle les empêche de remplir leur rôle dans l'écosystème (le renard mange les rongeurs ce qui protège les cultures, par exemple). 

D'autres études remettent en cause cette politique de régulation et propose d'utiliser des pratiques alternatives non létales (protection des semences en particulier). Un rapport de l'Inspection générale de l’environnement et du développement durable (Igedd) de décembre 2024 est favorable à un changement de modèle. La mission recommande de ne pas reconduire l'arrêté du 3 août 2023 listant les ESOD du groupe 2 (belette, fouine, martre, renard, corbeaux freux, corneille noire...) en vigueur jusqu'au 3 août 2026 et d'expérimenter de nouveaux dispositifs.