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Qualité de l'eau : un taux de pollution qui reste préoccupant

Temps de lecture  3 minutes

Par : La Rédaction

Une étude de mars 2026 sur la qualité des eaux superficielles et souterraines en France montre un niveau de pollution toujours préoccupant malgré une augmentation de 3% par an entre 2016 et 2023 des moyens financiers pour assurer la qualité de la ressource. Une partie de cette pollution est liée à des substances interdites depuis des années.

Le  Service des données et des études statistiques (SDES) de l'énergie, des transports, du logement et de l'environnement a publié, le 4 mars 2026, un état des connaissances 2025 concernant la qualité des eaux souterraines et de surface.Mis à part un recul du phosphore et des phosphates, les autres polluants restent largement présents. L'étude attire l'attention sur la réduction du patrimoine de points de captages d’eau potable sur le territoire.

Un taux persistant de pollution par les pesticides

Dans presque la moitié des masses d’eau souterraines, le seuil de qualité de 0,5 µg/l de taux de pesticide est dépassé.

Dans les bassins hydrographiques, la situation est disparate pour les eaux de surface avec une présence de pesticides à des taux critiques dans certains bassins (Artois-Picardie, Seine-Normandie), modérée mais non négligeable dans d’autres (Rhin-Meuse), faible en Rhône-Méditerranée-Corse.

Le taux moyen de nitrates dans les eaux de surface reste stable sur 20 ans (autour de 3 milligrammes d’azote par litre), les valeurs les plus élevées étant notamment en Bretagne et en Normandie.

Dans les eaux souterraines où se concentrent le plus les polluants, après une forte augmentation jusqu’en 2013, les taux de nitrates se stabilisent en moyenne autour de 29 milligrammes par litre.

Les principaux dépassements de normes sont liés à la présence de substances interdites depuis de nombreuses années ou de leur métabolites, note l'étude. 

Un taux de pollution plus élevé dans les régions de grandes cultures

Les régions les plus affectées par la présence de pesticides ou de nitrates dans les cours d’eau ou les eaux souterraines se situent dans la moitié nord de l’hexagone, en particulier dans les zones de grandes cultures (Beauce, Berry) mais aussi en Bretagne et en Normandie.

En Outre-mer, la situation est disparate d’un département à l’autre. Les territoires les plus agricoles sont ceux où les taux de pollution de la ressource en eau sont les plus élevés (80% à 100% des bassins en situation critique en Guadeloupe et Martinique contre 0 à 20% des bassins aquatiques en Guyane, à La Réunion, ou à Mayotte).

L’étude attire l’attention sur la réduction du patrimoine de sites de captage d'eau potable (14 640 sites fermés sur le territoire hexagonal de 1980 à 2025), en partie pour des raisons de présence excessive de pesticides ou de nitrates (31,9% des situations), même si les fermetures sont aussi liées à d'autres raisons (rationalisation des réseaux, vétusté des installations, problèmes de débit...). Le territoire compte aujourd'hui 37 788 captages actifs, pour la plupart en eaux souterraines.